"DOLE PRIORITY"

Dole - La Médiathèque de l'Hôtel-Dieu (anciennement hôpital de la Ville)

 

Racines doloises, aussi...

 

Ma première devise : « sans étiquette et sans frontière » me garde d’être affilié aux « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » (Georges Brassens dixit). Nonobstant, non parachuté à Dole ; je livre quelques renseignements généreux sur ma naissance et mes séjours cyclothymiques dans cette ville jurassienne de l'actuelle région de Bourgogne – Franche Comté. Et ce, fidèle à la décision pragmatique de rendre des comptes  à mes lecteurs d'ici, de là et de là-bas.  J'ai donc jusqu'à présent vécu, évolutif, dans cinq départements sur quatre régions différentes. Et puis deux ans et trois mois, mythiques, dans la ville de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne). Cf. « Je me souviens » sur le présent site danois. Sous réserve d'encore perdurer, je poursuivrai mon pèlerinage éclectique sur terres et sous des cieux nouveaux  - rejoignant, de préférence, ces grands lointains prometteurs quant à l'instauration du Monde Nouveau. Pour l'heure, je finis de mettre de l'ordre dans mes papiers numériques, tout en gardant  un œil quotidien sur les contacts – souvent étoiles de ma toile.

Aux Mesnils-Pasteur.

Tarif prioritaire.

 

« Priority »  à cet envoi de séquence en première instance aux concitoyens et concitoyennes dolois desquels je fis partie à trois reprises. Et puis, en seconde levée de courrier, pour mes lecteurs francophones, croissants, des grands lointains. Ne me  banalisant point quant aux hommages rendus d'onction calibrée ; je ne citerai que les deux personnalités ayant tenu quelques rênes de la chose publique et politique à Dole, et que j'ai rencontrées. Premièrement, par ordre chronologiques d'apparition, le docteur Jean-Pierre Santa-Cruz. Né le 3 Septembre 1938 à Sidi-Bel-Abbès (Algérie) et décédé à Dole, le 17 Janvier 1995 ; il fut Maire de Dole, Député et Conseiller Régional de Franche-Comté. Je le rencontrai plusieurs fois à sa permanence de député. Du Parti Socialiste, il colora la Ville de la couleur du Printemps de la Rose. Et sa mémoire me reporte aux Mesnils-Pasteur – ville en marge de la ville, avec ses 5000 habitants ; humain étang de sang neuf pour l'irrigation du Monde Nouveau. Secondement, le docteur Gilbert Barbier. Il est né le 19 Mars 1940, à Amamcey  (Doubs). En 1969, il est chef de clinique et assistant des hôpitaux à Besançon. Quatre ans plus tard, il est professeur et devient le chef du service de chirurgie générale du centre hospitalier général Louis-Pasteur de Dole. Il continue d'exercer la chirurgie en dépit de ses mandats électoraux, et prend sa retraite en 2005. Il fut Maire de Dole, Député, Sénateur (1977 à 2017). Grâce à lui, en 1993, j'entrai à l'Imprimerie de l'Hôtel de Ville, dans le cadre d'une formation en alternance. Trois ans auparavant –via les dispositions étatiques pour l’emploi - j’assumais un contrat de secrétaire à mi-temps, auprès du Comité de Probation et d’Assistance aux Libérés du Tribunal de Grande Instance, sis alors rue des Arènes.

*Alphonse Gindre & Hélène Ducret. (Mes grands-parents maternels)

Ma mère, Adrienne Gindre, habitait rue Pasteur, avec ses parents. En consultant le registre de mariage d'Alphonse Gindre avec Hélène Ducret le 5 Juillet 1909 à Jouhe (Jura) ; on peut lire que le marié (mon grand-père maternel) déclare être employé aux Chemins de Fer. Ses témoins (ses frères Louis-Maxime et François-Alexis) sont aussi employés aux Chemins de Fer. Et le témoin de la mariée Emile Arnoux est lui aussi employé aux Chemins de Fer...  « Une famille sur de bons rails ! » - comme me l'écrit Bernard Lorentz (Molsheim, Bas-Rhin), généalogiste de la famille ; puisque mon oncle Henri devait faire carrière à la SNCF, ainsi que le mari de ma tante Anne-Marie (René Isselé), et rajoutons l'une de ses fille, Marie-Thérèse, ma cousine germaine qui travailla dans les bureaux de la SNCF à Strasbourg. Mes grands-parents maternels eurent pour enfants :

 

Henri (1910-1985)

Renée, ma marraine (1911-1986)

Adrienne (ma mère) 1914-2003)

Marthe, que je ne connus pas (1916-1944)

Marie-Louise (1917-1919)

Georges (1920-1920)

Anne-Marie (1923-2013)

Paulette (1924-2003)

Ils habitèrent Dole, rue Pasteur, juste en face de la maison natale de Louis Pasteur. A ma naissance, mes parents habitaient rue du Val d'Amour.

Ancienne Maison de mes grands-parents maternels, rue Pasteur.

Mes parents

 

A son retour d'Allemagne (STO - Service du Travail Obligatoire - en fin de la guerre de 1939-1945) mon père, Roger Guye, travailla pour la fromagerie Bel de Dole. Ensuite de quoi, quittant, hélas, Dole et la rue du Val d'Amour ; il entra aux Usines Solvay de Tavaux (toujours dans le Jura). Il devait finir Chef d'équipe au service Voies et Routes. Mon oncle Henri, débuta comme apprenti au dépôt de la gare de Dole. Il gravit les échelons, conduisant les locomotives à vapeur et couronnant sa carrière sur les motrices électriques. Pour des raisons professionnelles il devait s'établir en région parisienne, mais tant qu'il le put, il ne manqua jamais de venir, seul, à Dole pour le Lundi de Pentecôte. C'était un homme affable, discret, retiré, contemplatif. Il devait entretenir une forte vie intérieure. Sur le livret de famille délivré le 20 Mars 1948 par la mairie de Dole à mes parents ; ma mère est déclarée « infirmière » à l'hôpital de la ville et mon père « jardinier ». Très exactement il œuvra dans les châteaux de la région parisienne, comme décorateur-paysagiste. Il naquit à Paris dans le XIV°, mais, de famille initialement jurassienne, il vint à Dole et, rendant visite à sa mère hospitalisée, il y rencontra l'infirmière Adrienne Gindre...ma future mère qui assistait parfois aux opérations des docteur Mathieu et Penin, chirurgiens renommés. Mes parents connurent le drame d'un premier enfant mort-né. Puis j'arrivai deux ans après, suivi -trois autres années après- de ma sœur Thérèse. Je fus baptisé à la basilique Notre-Dame par le vicaire – abbé Letoublon. Empêchés ce jour-là furent mon parrain et ma marraine : Renée Gavignet (l'une de mes tantes) et René Isselé (le mari de ma tante Anne-Marie). A cette époque, lorsque l'on habitait l'Alsace- et même Besançon- et que l'on était salarié ; il ne devait pas être aisé, ni non plus rapide, de se déplacer à Dole pour une brève cérémonie.

Dole - Le canal sur Brevans.

...à la mémoire de...

 

Juin 1990 à Mai 1994, j'occupai un F3 rue du Dauphiné, aux Mesnils-Pasteur. Au rez-de-chaussée, en face de la route Dole-Choisey. Je n'eus aucun contact avec le moindre ressortissant du Maghreb. Ce ne serait qu'à Dijon, et en Eté 2009, qu'une jeune étudiante Marocaine -ma stagiaire pour la Communication et le Marketing alors que je conduisais le Clos-Morlot (cf. « Communiqué » sur ce présent site danois) – m'adouberait au Mondialisme littéraire, culturel et spirituel. Mais en ce tout début des années 1990 à Dole, je m'affairais à la rédaction, composition, impression et diffusion de mon petit bulletin « Florica » devant s'élargir en revue de soixante pages, avant de disparaître en 1995. (Cf. également « Florica » sur ce site).

Sans étiquette et sans frontière, je me devais toutefois de rendre hommage à mes racines doloises et, Chère Lectrice, Cher Lecteur francophone – d'ici, de là ou de là-bas – je vous recommande une dernière  séquence de ce même site danois : « Lettre à Marie » (Hommage à Marie Dubuc, 1931-1964, Dole – mon premier professeur de Musique.)

 www.nicolas-sylvain.jimdo.com

Petit survol de Dole.

LE  KARMA  DE  LA  VILLE  NATALE

 

« Ce Nicolas Sylvain il faut le démolir ! »

(Année quatre-vingt-dix ; avant Dijon-le-Monde).

L’en-nemi, pardonné, s’en est allé gésir.

Je suis resté bâti ; maints lecteurs à la ronde.

 

« On ne tourmente pas les arbres stériles. Ceux-là seuls sont bâtis de pierres, dont le front est couronné de fruits d’or… Plaignons les artistes qu’on épargne. Ils resteront à mi-chemin, paresseusement assis. Quand ils voudront se relever, leurs jambes courbatues se refuseront à marcher. Vivent mes amis les ennemis ! Ils m’ont fait plus de bien, dans ma vie, que mes ennemis les amis ! »

 

Romain Rolland – « Jean-Christophe » – Le Livre de Poche –

Tome 3, page 442)

 

 

PASSEUR D’ÂMES

 

À prier pour les décédé(e)s

Je reste un orant décidé ;

Point je n’intercède à demi

Pour mes supposé(e)s ennemi(e)s.

 

Aussi ma dévotion n’est molle

Dans les champs du repos de Dole ;

Je prie pour ma cité natale

Qui  tenta de m’être fatale.

 

Trente années plus loin le pardon

A séché orties et chardons

D’un Passé noir de mon chemin

Qui, sur le net, verdoie sans fin.

 

L’Autre Dimension m’est souvent

Ouverte sur parents et gens

Avec lesquels tout n’avait pas

Eté dit avant le trépas.

 

Je vis un Temps intemporel ;

Pour moi rien n’est vraiment mortel,

Mais passage à d’autres niveaux.

Je meurs au vieux pour du nouveau.

 

Ce qui est couché dans la tombe

Tue aussi le passé en trombe.

Un mort qui n’aura pardonné

Risquera de se voir damné.

 

À prier pour les décédé(e)s

Je reste un orant décidé :

Qu’après la faux de la Camarde

À fuse vers Dieu ils ne tardent !

 

(Basilique Notre-Dame de Dole, Jura,

Samedi 14 Août 2021)

 

 

SOUS LE SIGNE DE LA CROIX

 

Dole (Jura). Ecole Pasteur. Eté 1966. Sortant de 5ème classique du Petit Séminaire Notre-Dame de Vaux-sur-Poligny je suis inscrit pour la classe de 4ème. Et comme ayant quitté l’Ecole Primaire  pour le Secondaire sans avoir passé le CEP (le célébrissime « Certificat d’Etudes Primaires) je suis mis en demeure de le passer avant la rentrée de Septembre. Estivale récréation que l’obtention de cet emblématique CEP, lorsque l’on sort de deux années classiques avec latin et grec ! Première des trois originalités de mes études, avec le Droit en 1972   et  l’année  universitaire  1996 – 97 au Séminaire international d’Ars-sur-Formans dépendant de l’Académie de Lyon. Cette Ecole Pasteur, à l’époque, assurait l’enseignement général et l’enseignement technique. Elle était conduite par les Frères des Ecoles chrétiennes dont la Maison mère se trouvait rue Andrey à Besançon. Ces frères portaient encore la soutane grise. L’Enseignement général était dirigé par le frère Lambert ; l’Enseignement technique par le frère Romain. Je connus : frère Gérard (anglais), frère Rémi (Mathématiques), frère Paul (Physique-Chimie), un Monsieur Sublet (français) et frère Romain (dessin industriel). Des civils assumaient les autres matières. Les deux disciplines dans lesquelles je m’illustrai furent le français et l’anglais. Frère Rémi devait nous quitter brusquement à la suite d’une crise cardiaque, en 1966. Certains de ses élèves –dont je faisais partie – assistèrent  à ses obsèques célébrées dans la chapelle de la rue Andrey à Besançon. Il fut inhumé au petit cimetière privé de la même adresse. Les sépultures ont regagné depuis le   cimetière   Saint-Claude,  dans  le  même quartier. C’est ainsi que je me rendis pour la première fois rue Andrey, que je devais retrouver quarante-neuf ans après lors de ma rencontre avec la Fraternité Saint-Pierre, desservant l’église Sainte-Madeleine pour la liturgie tridentine, et sur intervention du pape Benoît XVI.

C’est durant ces deux années scolaires 1965-1966 / 1966-1967 que –  toujours passionné de Musique d’orgue, puisque j’étudiais l’harmonie avec le directeur du Conservatoire de la Ville – je couvris un certain nombre de carnets intimes, sans toutefois la moindre intention littéraire. Je regretterai toujours de ne les avoir pas conservés ; ces mines en tous genres expliqueraient sans doute aujourd’hui mon arrivée  brutale  dans  les Lettres en 1977. Et, surtout, elles attesteraient que je n’ai pas changé, que je ne me suis pas renié, qu’un sang neuf irriguera toujours mes pensées ; ce qui me maintient dans une chrétienne intemporalité salvatrice et sous le signe de la croix.

 

(Cette page est tirée de « RUE DU VAL D’AMOUR » sur www.nicolas-sylvain.jimdo.comagrémentée de 3 photos prises lors de sa rédaction).

 

 

FLEURS DE  FEMMES.

 

Une tranche de bonne vie… Je suis au Jardin Philippe, au bord du Doubs, assis sur la première des sept marches en pierres noircies qui descendent vers l’eau. Une eau légèrement boueuse entraînée à vitesse moyenne par un courant subtile, fait de remous plats et de tourbillons très artistiques. La bise souffle, ce matin.

10 h 10. Je sors de Dole-Bureau où j’ai procédé au tirage des « Coulisses de la Rue » de Monique. J’ai acheté une petite tranche de jambon fumé à la boucherie –charcuterie Fouchard (juste en face de Dole-Bureau) et je suis venu manger tout en regardant l’infatigable flot des voitures qui passent derrière la rive d’en face. Flots de ménagères se rendant à Mammouth ; flots de riverains montant au centre-ville.

Les lycéens, les lycéennes, croisés vers le Lycée Charles-Nodier ont terminé leur semaine vers dix heures. Rien de changé depuis mon adolescence à moi (il y a plus de vingt ans). Les garçons, toujours entraîneurs, sont hâbleurs et catégoriques. Les filles, plus fleurs de femme que jamais, maintiennent leur touche fille-femme que l’on peut déjà porter sur des couches de caresses avides. Avec quelque curiosité toutefois, tournées vers l’homme qui va bientôt commencer à balancer entre deux âges ; une ou deux d’entre elles me regardent, évaluant ma démarche de jupitérien et mes moustaches à la Cavanna.

Si seulement ces petites fleurs de femme devaient ne rester toute leur vie que des petites fleurs de femme ! Je suis réellement féministe, lorsque je croise des femmes vêtues comme des femmes ; des filles parées pour attirer et qui sous-entendent leur sensibilité jusque dans un battement de cils.

Samedi 4 Mars 1989 – Dole (Jura).

 

___________

 

NOSTALGIE SUR RAILS.

 

Les trains m’ont toujours fasciné. Ce matin, devant moi, trois citernes de tailles et de formes différentes sont laquées par la pluie. Allant du blanc cru au blanc gris jauni, leurs flancs sont dûment numérotés, répertoriés, estampillés. La motrice, couleur d’azur délavé, ronronne au ralenti. Les impulsions d’une bise légère dégagent de tout le convoi des odeurs mêlées de rouille, de fer mouillé, de graisse et d’huile froides.

7 h 13, le convoi chimique (liquides inflammables et poisons) quitte le quai 2 pour revenir en arrière sur une voie de garage, depuis laquelle des transporteurs routiers prendront livraison des produits à convoyer jusqu’aux commanditaires. 7 h 20, six voies sont libres devant moi. Le ciel est gris, barré verticalement tous les trente mètres par les poteaux métalliques ; striés horizontalement par des câbles électriques.

L’air a toujours une odeur de fer froid mouillé. Mystérieusement, et deux à trois fois par quart d’heure, il me semble percevoir fugacement, chaude et nostalgique, l’odeur de fumée   de   ces   bonnes   grosses   locomotives à vapeur. Ces monstres placides. Ces chaudières roulantes chuintant, sifflant, soufflant, suant de partout. Ces « bêtes humaines » d’un noir mat poussiéreux par temps sec ; d’un noir de jais luisant par temps pluvieux. Je songe alors à mon oncle Henri Gindre qui débuta comme apprenti au dépôt de cette gare ; avant de conduire les locomotives à vapeur et de terminer sa carrière ferroviaire sur les motrices électriques.

J’aime à me retrouver dans les vieux wagons traditionnels en voie de disparition. Prendre le Simplon pour aller à Dijon ou bien à Paris. Dole-Paris : 7 h 43 – 10 h 55 ! Un voyage posé, nostalgique, presque d’antan ; je dirais même révérencieux ! Ultime hommage à la gloire du premier volet de l’histoire de la SNCF.

Ce matin, je découvre, peiné, que le Simplon ne s’arrête plus en gare de la ville natale de Louis Pasteur.

Mercredi 20 juin 1990 – Quai 2 de la gare de Dole – 7 h 30.

 

_________

   

MON COUSIN MIHAÏL

 

J’avais perdu mon identité en perdant mes forêts. Mais, brusquement je reprends mes forêts, mes forêts me reprennent. Et tout cela solennellement, avec grandeur, magnificence ; puisque c’est la forêt de Chaux – 21 000 hectares en banlieue immédiate de Dole, ma ville natale – de tous ses rubis, de toutes ses fragrances, de tous ses murmures et de toutes ses orgues profondes qui m’accueille, moi, le fils prodigue asphyxié par des préoccupations artificielles. En cet après-midi automnal très enluminé, la forêt me souffle d’épaisses odeurs cuivre frais à étendre sur tranche de pain. Et même l’odeur d’un stère de charme coupé, laisse sous mes narines goulues comme un souffle de fournil.

Pour la première fois de ma vie, je fais un repas de forêt. Je goûte la forêt. Je mange la forêt. Sylvain fait un repas sylvestre. Mon âme reprend des forces.

Indispensable apport de la retraite. Que n’ai-je suivi mes inclinations d’adolescent ! J’aurais laissé des rames de pages ciselées, des liasses de poésie pure, des cahiers de musique intime.

J’ai préféré le tintamarre d’un miroir aux alouettes qui, du reste, ne m’a rien encore apporté de tangible.

Dieu fasse au moins que mes ambitions me transportent jusqu’au mont du Gutînul (près de Baia-Maré en Roumanie, à 1500 mètres d’altitude !)

Pour l’heure, en lisière de la ville natale de Louis Pasteur, je fais un repas forestier. Et ce  n’est pas un repas de végétarien, des fumets équestres relevés me parviennent du Centre Poney Club…

Il y a bien évidemment de la musique traditionnelle : commentaires rauques du corbeau de garde, et tout un échantillon bigarré de virtuosités d’oiseaux dont j’ignore les noms.

Avec un peu moins de paresse littéraire et un peu plus de retraites forestières militantes, je deviendrais l’Eminesco * dolois…

 

*Mihaïl Eminescu (1850-1889) né près de Botochani, poète lyrique roumain – Poésie (1880)

Dole, Centre équestre. – 15 Octobre 1991.

 

Ces trois derniers textes sont  extraits de CAHIER DU JOUR – Journal – Tome 1er – 124 pages – Collection Florica – 4ème trimestre 1990 – Dole. (Epuisé).

 

_______

 

 

SITES À CITER

 

Copenhague * et Hambourg **

-Cautionnés par Facebook-

Me font écrire au tour

Du Monde et j’ai le look

Du barde –et pour la vie-

De la Francophonie.

 

*123Website.be (Moyenne de 347 visites hebdomadaires depuis le 1er Janvier 2021)

- **JimDo (fréquence des visites non renseignable :

moteur des statitisques défectueux)

 

 Dole – Mesnils Pasteur, Jeudi 19 août 2021

 

KARUNESH : Sounds of the Heart.

LE TESTAMENT DOLOIS

 

Ecriture aragonienne.  Louis Aragon (1897-1982) écrivit toute son importante et magistrale œuvre poétique sans la moindre ponctuation. Mode d’écriture alternative que je pratiquais à mes débuts en 1979.

 

Dijon Il est vrai j’en rêvais

Les années où je découvrais

Louis Aragon et son Roman

Inachevé Et maintenant

Être Dijonnais tous les jours

Je peux Mes premières amours

En poésie aragonienne

Assez galamment me reviennent

Me rajeunissant de trente ans

D’un coup surtout que je veux tant

Ėcrire ainsi que je faisais

Lorsqu’au début fort j’y croyais

Cela me reprend tel un mal

Aimé que l’on trouve normal

 

Hardi retour au syllabisme

Je regarde au travers du prisme

De ma regrettée pré-trentaine

Je puis courir la prétentaine

Avec rime et vers calibrés

En matinée comme en vesprée

Du Temps où je n’étais peut-être

Rien que ce que je devais être

Et que j’aurais dû demeurer

Plutôt qu’aux jeux de con jouer

Au point de paraître cynique

En laissant la pensée unique

Frapper à mort et dans le dos

Tous les amis occis tantôt

 

A mon époque âcre et virile

Nous n’avions de jeux imbéciles

Ni casque d’écoute à la tête

Rendant passif absent et bête

Ni non plus l’idiotie d’écrire

Phonétiquement et bien pire

Aussi avec provocation

Je bannis la ponctuation

Tel que toujours le Fou d’Elsa

Magistral cet art illustra

Vous direz ce que vous voudrez

Vous ferez ce que vous pourrez

Moi je retourne à la vie saine

Sans plus d’idéologie vaine

 

Roman Inachevé classique

Démarqué du mou chaotique

Des Poéteux de la Pitié

Enrubannés et décorés

Par les bas mandatés du cru

J’avais le verbe haut très cru

Lorsque certes prisant le vin

Hélas délaissant le Divin

Je me forgeais de plomb d’étain

Mon pseudonyme de Sylvain

Le chemin vers la sainteté

Est tavelé d’iniquités

Pour se forger une âme en fer

Il faut faire un tour en Enfer

 

Dieu créa l’homme à son image

Ce n’est pas que vue pour le sage

Mais surtout pas pour le singer

Se mesure avec le danger

Qui ne reste pas à sa place

Tirer la pièce à pile ou face

Ne changera rien à la donne

Et tant de bigots déraisonnent

À jouer l’ange et c’est la bête

Que Satan tient par la bébête

Celui qui croit sera sauvé

Dès qu’il a été baptisé

Les Ėglises sont des boutiques

Au loin des vues et lois christiques

 

Il faut contenter le chaland

Par des sermons accommodants

Sinon adieu Denier du Culte

Il vous mettra le pied occulte

Pasteurs le paroissien fâché

Lorsque l’homélie est soldée

Presqu’aussitôt quelqu’un s’apprête

À faire circuler la quête

Qui va se retrouver en berne

C’est pour cela que l’on vous berne

Avec la doctrine au rabais

La théologie des attraits

Vatican II sur rails a mis

Tous les trains pour l’apostasie

 

Disciple du grand Aragon

Voici plus de trente ans crénom

Je ne fréquentais plus l’Ėglise

Rebuté par l’ointe bêtise

De sa bâtarde liturgie

Dieu mettait dans la Poésie

Sa raison de vivre à mon âme

Au travers de mots francs de flammes

Car ma plume était décapante

Et ma rime abrupte et coupante

Je n’oubliais pas Notre Père

C’est dans sa création première

Prairies canaux étangs forêts

Que je Le célébrais secret

 

Puis après je m’en suis mêlé

De la Boutique et suis allé

Jusqu’à devenir pas très saint

Une année pleine un sacristain

Ce fut un an de Purgatoire

Presque proche du désespoir

Ah diantre et peste et foutre et crotte

À qui aux apostats se frotte

Recrucifieurs du Christ en croix

Tous ces déjantés de la Foi

Que j’aurais voulu mon absence

Au culte de ces indécences

Aujourd’hui insatisfait j’erre

Du Passé formateur j’espère

Retrouver le moule adoubeur

De l’Ordre doré des Rimeurs

J’en appelle à Louis Aragon

 

À son chef-d’œuvre tout au long

Duquel la Vie digne de vivre

Sourd et jaillit et fuse et vibre

Et j’ai la nostalgie soudaine

Des audaces de ma trentaine

Mais avec Dieu de nouveau Dieu

De ma Liberté de mes vœux

D’honorer libre le talent

Dont il me gratifia clément

Un Lundi d’une année doloise

Dans une famille gauloise

Mon père était né à Paris

Ma mère issue doloise et puis

 

Malheur à ma pauvre famille

Qui dut quitter loin des ramilles

De la Forêt de Chaux tout près

La rue du Val-d’Amour Après

Ce fut la descente au cloaque

Le trou dans lequel vite on claque

Si l’on ne fuit pas ses cloportes

Aujourd’hui bien mieux je me porte

De l’avoir renié mais je pleure

Dole manquée qui du malheur

Nous aurait exemptés Parents

Pour vous venger je prends mon temps

Il ne m’est pas prévu de nuire

A qui que ce soit ou détruire

 

Quoi que ce soit Il est question

De votre mémoire En fonction

Des pouvoirs qui m’échoient et vont

S’accroître au fil du Temps-larron

J’édifierai cette mémoire

Quand les venimeux du terroir

Ne seront plus que cendre et fable

Rendant la vie plus respirable

Ils sont déjà tous pardonnés

Si leur malice est incrustée

Le Temps est Lui bon guérisseur

Qu’il guérisse en notre faveur

Je reste Dolois de racines

Et le redirai sans lésine.

Dijon – Mardi 24 Novembre 2015

 

(Extrait de l’ERMITE EXTRAVERTI ») www.nicolas-sylvain.jimdo.com

 

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