LE PASSANT

Le canal en Côte d'Or, entre Saint-Jean-de-Losne et Auxonne.

 

LE PASSANT

 

Depuis les découvertes révolutionnaires d'Albert Einstein sur le Temps ; l'homme éveillé remet en question toutes ses convictions sur la question. N'ayant lu Einstein que depuis peu, je reconsidère mes propres vues – fort heureusement éclairées par une intuition de naissance proche du don de visionnaire.

Que le Temps soit circulaire – qu'il soit une sphère – il n'a jamais  été  pou r moi  cloisonné ; mais  il  m'est  toujours apparu comme une ligne sans aucune transition, sans aucune couture, sans aucune interruption entre le Passé, le Présent et le Futur. Je propose, pour illustrer ma conviction, l'image du promeneur le long d'un canal. Je suis ce promeneur. Je passe devant l'écluse 32, à ma gauche le canal retient une eau limpide, stagnante – sauf en cas de mouvements d'écluse. Je poursuis mon chemin. J'arrive à l'écluse 33. Le canal retient toujours une eau limpide, stagnante – sauf en cas de mouvements d'écluse. Cette eau de l'écluse 33 est la même que celle de l'écluse 32. Je poursuis toujours mon chemin. Parvenu entre l'écluse 33 et l'écluse 34, je regarde le canal sur ma gauche. Le canal retient toujours une eau limpide, stagnante – sauf en cas de mouvements d'écluse. L'eau est toujours la même. L'eau demeure. Ce n'est que moi qui passe... Le Temps est donc ce canal – immuable, éternel – et moi je passe le long du Temps. Ce n'est pas le Temps qui passe, mais moi qui passe le long du Temps.  Ah ! C'est merveilleux ; quel soulagement ! Je ne m'époumonerai plus les méninges à vouloir témérairement cogiter sur un problème jusque à lors insoluble ! Si donc le Temps est linéaire – ou circulaire – sans aucune transition ; qu'est-ce qui m'interdit  - quel pseudo-maître m'interdit – de regretter le moment où je passais devant l'écluse 32 ou entre les écluses 33 et 34 ? Et cette question introduit le second point de ma réflexion : si donc l'eau de l'écluse 32 est la même que celle de l'écluse 33 et la même que celle rencontrée entre les écluses 33 et 34 : pourquoi regretter ce passage devant l'écluse 32 ?

Tout simplement parce que, en fait, je ne regrette pas l'eau de l'écluse 32 -puisqu'elle est la même que celle que je rencontre actuellement poursuivant ma promenade le long du canal – mais  c'est l'état d'esprit dans lequel je me trouvais lorsque je passais devant cette écluse 32... Nous regrettons telle époque en souvenir de l'état d'esprit dans lequel nous nous trouvions. Nous étions confiants, curieux de ce que nous nommions « l'avenir », nous étions remplis de projets, de grandes, de belles idées. Nous étions neufs, innocents comme les enfants dont parle Iéshoua' dans son Evangile. Nous ne regrettons en fait jamais directement l'ancien temps, mais ce que nous étions à cette époque. Ce n'est pas le Temps que nous regrettons, mais c'est nous que nous regrettons – tels que nous étions à telle ou telle phase de notre vie. Nous disons regretter le « Passé » car nous regrettons ce que nous étions. Nous voulons fuir ce que nous sommes devenus. Nous nous sommes perdus de vue, à telle étape du  chemin – le long du canal du Temps – et nous voudrions tellement nous retrouver ! Citons le poète espagnol Jorge Manrique : «… a nuestro parescer, cualquiera tiempo passado fue mejor” (« … à notre souvenir, n'importe quel temps passé fut meilleur ! » (Coplas por la muerte de su padre - Stances pour la mort de son père).

Alors, puisque le Temps est linéaire – ou circulaire – et ne fait pas de différence  entre Passé, Présent et Futur ; pourquoi condamner ce que nous appelons « Passé » et nous interdire d'envisager ce que nous appelons « Futur » ? Une preuve que le Temps est linéaire – ou circulaire : les voyants, les médiums qui peuvent voir ce que fut le Passé d'un consultant et ce que pourrait être son Futur...Passé, Présent et Futur ne forment qu'une artère  qui  coule le long d'un corps : le sang est le même dans les doigts que dans les pieds et dans le cerveau et dans l'estomac. Alors pourquoi nous culpabiliser si nous voulons songer aux phases de vie que nous avons rencontrées voici dix, vingt ou trente ans ? Pourquoi nous laisser troubler si nous voulons manger les mêmes plats, écouter les mêmes musiques, lire les mêmes livres que durant notre adolescence ? Mais enfin, qui cela peut-il déranger ? Cela ne dérange que ceux qui nous ont appris que le Temps passe, qu'il y a un passé, un présent et un futur. Or, le Monde nouveau va nous imposer des manières de penser conformes aux réalités qu'il va nous faire découvrir.

Heureusement, la Science – et globalement tous les pouvoirs insoupçonnés de l’homme – nous offrent les moyens, depuis ce que nous appelons « présent » d’entrevoir ce que nous appelons « futur ». Des inventions nous permettent d’écouter des chanteurs et des écrivains qui sont passés dans l’Autre Dimension depuis longtemps. Hier soir j’écoutais Jim Morrison (Les Doors). Ce soir j’écoute  Tim Buckley,  ce qu’il  chantait  en 1966  et  1967 et que j’écoutai pour la première fois en 1973. Je possède deux CDs d’interviews de Georges Simenon. Nous sommes en 2008 et j’entends la voix de Simenon enregistrée voici quelques décennies…Et, surtout - comme entrevu plus haut – les vrais médiums et les vrais voyants nous avertissent de ce qui va nous arriver. Mais je tiens à souligner, à insister lourdement : les « vrais » médiums,  les   vrais « voyants ». D’ailleurs  l’Eglise –  lesEglises – qui répugnent à se servir des mots « voyant » et « médium » parlent « d’intuition » pour désigner les vues mystérieuses   du  passé, du présent caché ou de l’avenir, ainsi que la lecture dans les cœurs et les esprits. Et ces Eglises citent couramment sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d’Avila, la vénérable Benoîte Rancurel, Anne-Marie Taïgi, le saint Curé d’Ars et le Padre Pio.

L’homme est un passant le long du temps qui n’a ni commencement ni fin. Le temps ne passe pas. Il est l’éternité. L’homme passe le long  du temps, évolue sans cesse et change de dimension. Ainsi donc, ni le temps  ni l’homme n’ont une fin…

 

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SPIRITUALITÉ DE L’ÉVEIL

 

Entre Dieu et « diable » il est des sphères intermédiaires. Entre le Créateur et le diviseur ; entre Yahvé et le criminel ; et puis entre le « bien » et le « mal » il est d’autres eaux d’autres consistances et transparences, d’autres édifices, d’autres déchéances ; d’autres temples et d’autres maisons de tolérance. « Entête Elohîm créait les ciels et la terre, la terre était tohu-et-bohu, une ténèbre sur les faces de l’abîme, mais le souffle d’Elohîm planait sur la face des eaux » (Entête Genèse I – 1-2 – La Bible traduite par André Chouraqui, Desclée de Brouwer, 2001). Entre la vérité et les vérités, il est encore des vérités vraies et de fausses vérités. Entre le ciel et la terre il est des cieux, il est des Ciels. Il est des mondes, il est des plans, il est des sphères, il est des religions et des philosophies. Il est des choix pour l’homme né libre puisque créé tel par le Créateur respectueux de l’homme qu’à son image il créa. Puis l’homme a tout diversifié et tout compliqué. Et l’homme a surtout fait commerce de ce que Dieu créa pour lui. Au commencement était le Verbe ; puis l’homme – outre sa fatale erreur d’orgueil à vouloir être dieu – introduisit la consommation et la récupération. La consommation et la récupération  de  tout  ce  dont  il  pouvait tirer parti pour sa propre gloire – en prétextant parfois qu’il le faisait pour la seule gloire du Créateur. Cela donna diverses traductions inexactes des Evangiles, des tas de dogmes et des doctrines contradictoires et concurrentes. Cela donna certaines messes traditionalistes en treillis, rangers et casque lourd : « à genoux sinon vous serez fusillés ! », Cela donna des fidèles coincés, peureux, crispés et constipés qui serrent les fesses en latin. A l’opposé cela donna des célébrations progressistes vulgaires produisant de nouveaux supports liturgiques bâclés à coups de textes arrangés des Ecritures, et des musiques de bal-musette. Le tout générant des sacrements invalides et dépourvus de toute action de l’Esprit. Cela donna dans les deux cas des simagrées et simulacres à l’opposé du geste d’amour du Créateur. L’homme finit ainsi par se célébrer lui-même en simulant de célébrer Dieu. Il fait ainsi son propre Décalogue (ses propres commandements), ses propres saints et ses propres martyrs ; il contrevient aux lois les plus élémentaires de la nature – ce qui a commencé à lui valoir de sérieux retours de bâton, tels que maladies et cataclysmes – tout en singeant ou falsifiant la volonté du Grand Architecte de l’Univers. Et l’homme inventa le feu vert et le feu rouge.

Pour bien comprendre le processus ainsi que le mal irréversible causé par les conditionnements, les manipulations et les programmations mentales ; imaginez que l’on vous dise : « Attention ! A partir d’aujourd’hui le Code de la Route est modifié ; vous vous arrêterez lorsque le feu sera vert et vous passerez lorsqu’il deviendra rouge ! ». Que feriez-vous ? Avec la meilleure des bonnes volontés vous auriez tout de même un mal énorme à vous familiariser avec cette nouvelle coutume – ce nouvel ordre des choses. Mais vous réfléchiriez, songeant qu’après tout pourquoi fut-il décidé de passer au vert et de s’arrêter au rouge ? C’est le rouge qui fait bondir le taureau, par contre le vert est une couleur apaisante, reposante. Alors pourquoi ne pas s’arrêter au vert et passer au rouge ? Vous objecteriez forcément que, ma foi, tout le monde fait comme cela depuis le début, alors pourquoi remettre en cause cette vérité – la vérité ? Et vous finiriez ainsi par conclure sans doute que toute vérité – la vérité présumée – ne repose souvent pas sur quelque chose de sérieux, mais sur la fantaisie, l’impondérable, sinon sur l’inconscience et l’imbécilité du plus grand nombre… C’est cela la manipulation : vous obéissez à des us et coutumes en tenant leur bien-fondé pour vérité, en étant capable de vous battre pour un « idéal » ; tout en n’ayant jamais regardé les choses avec conscience. C’est donc sans réfléchir, en prenant toutes les idées des autres pour argent comptant, que vous attachez beaucoup de valeur à des causes qui, souvent, ne valent rien. Et si vous contestez la valeur de ces fausses valeurs, vous allez être accusé ou vous culpabiliser, et même devenir malade, ou encore méchant et malheureux. Or, la vérité vraie est vérité et la fausse, fausse vérité. Vous croyez ainsi à des vérités réelles, mais vous croyez aussi, dur comme fer, à des mensonges.   Observez,    passez    au   crible   toutes  vosactuelles convictions ! Eprouvez tout, vous allez constater à quel point – sur bien des sujets – vous vous trompez ; à quel point, surtout, l’on vous a trompé. Regardons, avec les vues de la Science, ce qui a été créé. La Science demeurant l’antidote le plus sûr à tous les poisons inoculés par les dogmes, les doctrines et tous les obscurantismes séculaires.

Qui sommes-nous ? Où sommes-nous ? Et pourquoi sommes-nous ? Des millions d’échos fusant de la planète Terre nous répondent : « et d’où venons-nous ? ». Que de tentatives de réponses n’avons-nous pas toujours cherchées ? Au-delà de toutes nos spéculations et des grands beaux livres d’images qui servent aux églises pour dominer l’humanité, il est une science qui sonde le puits sans fond de l’univers, qui mesure la distance nous séparant de l’inaccessible étoile. Une science à donner des cauchemars, lorsqu’elle nous présente l’ardoise de certains chiffres, de certaines mesures, de certains âges et de certaines distances. Cosmologie : étude de l’univers dans son ensemble, de sa structure, de sa géométrie, de son évolution et de son origine. Déjà cauchemardesque est le début. Si l’on peut toutefois parler de début pour ce qui n’était rien… Mais vraiment rien du tout, puisqu’il n’y avait rien à quoi le comparer… Et puis un jour – « un jour » parce qu’il faut tout de même bien situer l’action – un jour quelque part au beau milieu de ce rien du tout sans fond ; apparaît quelque chose ! Quelque chose qui, bien évidemment,  ne  ressemble  à  rien. C’est  une  histoire  de fous, me  direz-vous ! Alors, précisions  que  ce rien du tout situé nulle part est beaucoup plus petit qu’une tête d’épingle. C’est une boule de matière. D’une certain température, puisque cette température dépasse les cent milliards de degrés… D’une certaine densité, puisque cette densité dépasse plusieurs milliards de fois celle du plomb… Alors là, enfin, dans ce rien du tout sans fond situé nulle part, il va se passer quelque chose. Une explosion. Et l’on se retrouve avec un univers ultra-minuscule et ultra-condensé. La petite boule de cosmos se déplace à l’infini et devient l’univers que nous connaissons. Cette tête d’épingle d’énergie pure est composée de neutrinos, de grains de lumière, d’électricité  et de particules élémentaires de toutes sortes. Et tout cela s’agite, tout cela se heurte, tout cela s’annihile, tout cela se récréé. Et tout cela va commencer à s’organiser. Après un dixième de seconde depuis l’explosion, on assiste déjà à la naissance des protons, qui sont les noyaux de l’atome d’hydrogène. La ronde créatrice va continuer. L’énergie pure va se transformer en atomes, se coaguler en galaxies en étoiles, en planètes jusqu’à la structure actuelle. La première et la plus hallucinante des histoires – la gestation de cette petite boule de cosmos appelée à devenir l’univers que nous connaissons – aura duré trois minutes et quarante-cinq secondes. Mais tout cela s’est quand même passé voici plus de quinze milliards d’années… « Entête Elohîm créait les ciels et la terre » disent les Ecritures, et pour ce faire, le Grand Architecte de l’Univers fit sourdre une explosion qui accoucha d’une tête d’épingle, au milieu d’un rien du tout sans fond situé nulle part…

Et maintenant, l’ardoise cauchemardesques de certains chiffres. Le soleil est fort d’une espérance de vie de 8 milliards d’années. Et cela fait 4,6 milliards d’années qu’il transforme son hydrogène en hélium. Le soleil est ainsi la plus gigantesque des centrales nucléaires… Transformer l‘hydrogène en hélium, c’est également la mission de 90% des étoiles. Ainsi font l’étoile Polaire, Sirius et Véga ; les plus connues. Ces reines  et princesses du firmament ont toutes sortes de masses. La Naine rouge n’a que 0,05 masse solaire (le soleil servant d’étalon) ; mais la Super géante bleue accuse 120 masses solaires. La durée d’une étoile est inversement proportionnelle à sa masse. Une naine brûlera son hydrogène pendant une vingtaine de milliards d’années, tandis qu’une super géante explosera brutalement après seulement 2 ou 3 milliards d’années. La dimension des étoiles ? La Naine blanche est plus petite que la terre – environ 10 000 kilomètres, tandis que la Super géante rouge peut s’enfler jusqu’à mesurer 5 ou 6 milliards de kilomètres de diamètre… Nous les trouvons pourtant si fines, ces petites étoiles que nous contemplons depuis notre planète Terre ! Ces petites étoiles, monstres de lumière issus d’un rien du tout sans fond situé nulle part. Alors il y a de la place dans cet espace sans fin. Jugez plutôt : la Lune est située à 328 000 kilomètres de la Terre. Le Soleil est à 140 millions de kilomètres de la Terre. Mercure est à 58 millions de kilomètres du Soleil. Vénus en est distante de 108 millions de kilomètres. Mars, de 228 millions de kilomètres. Jupiter, de 778 millions. Saturne, de 1428 millions. Uranus,  de 2872 millions. Neptune, de 4500 millions et Pluton, de 5914 millions de kilomètres du Soleil. Devant de tels chiffres, de telles ampleurs, de telles distances ; les scientifiques sont de plus en plus nombreux à parler de « Grand Architecte », de « Grand Ingénieur ». Entête Elohîm créait les ciels et la terre ». Et, ce faisant, un jour – « un jour » parce qu’il faut bien tout de même situer l’action – un jour, quelque part au beau milieu d’un rien du tout sans fond, est apparu quelque chose…

Il y a donc, fort heureusement pour notre équilibre mental, la Science, avec ses appareils de mesure, avec ses moyens d’investigation toujours plus perfectionnés, avec ses preuves. La Science qui nous présente un monde rationnel, un monde effectif, un monde concret puisque démontrable ; la Science avec ses vérités vraies puisqu’observées et comprises par des gens rompus à toutes les disciplines qu’elle requiert. La Science qui, elle seule, est capable de nous prouver un jour l’existence de Dieu  - quel que nom que nous puissions Lui donner. Que l’on songe à l’économie de temps que l’humanité entière aurait faite sur le chemin de la connaissance de Dieu, si Thomas d’Aquin avait été gratifié d’une Expérience aux Frontières de la Mort !... Il y a donc les grands beaux livres – avec ou sans images – au travers desquels règnent la poésie, la mythologie, les traditions, l’enluminure, des apparences de surnaturel, la légende, l’imaginaire, le subjectif et l’auto-hallucination ; desquels a été forgée une foison de doctrines, de dévotions, de cultes fort sujets à caution. Et  qui, dans tous les cas, ne sont souvent que des prothèses pour individus se laissant manipuler faute d’une forte personnalité. Puis il y a la Création, brute, si belle et si bénéfique à l’homme lorsque cet homme n’a pas tout pollué. Ce qui est reposant, au travers des tribulations de notre humaine vie et des maintes déceptions qui nous viennent de nos semblables ; c’est de s’apercevoir que la nature, elle, ne change pas. Elle est immuable, toujours solide et fidèle à tous les rendez-vous. Le malheur de l’homme arrive et lui sera peut-être fatal s’il persiste à vouloir rompre avec la nature. Le malheur surgit lorsque det homme rejette ses origines ; rejette l’environnement pour lequel il a été créé. Si seulement l’homme prenait le temps de s’arrêter  au pied d’un arbre pour s’y adosser ! Un arbre, comme ça, parmi d’autres arbres. S’adosser à un arbre pour faire le plein d’énergie de la Nature. Une communion immédiate s’établit avec l’Auteur de la chose créée. Dieu (L’Inconnaissable) se trouve aussi – et surtout – là sous l’écorce. Dieu n’est pas une substance mystérieuse, un gri-gri cul-béni que l’on dissimule dans un lieu clos pour en vendre au peuple les bienfaits en morceaux. L’enseignement de Iéshoua’ se faisait principalement dehors, sur la montagne, dans les champs, au bord de l’eau – et même sur l’eau. C’est lorsque l’on veut faire commerce de la spiritualité ; que l’on veut en faire un métier rémunérateur, que l’on se perd et que l’on perd son âme dans les sectes.

L’enseignement essentiel de Iéshoua’ fait appel à l’intériorité   de   la   personne.  Adhérer   à   Dieu   est  une démarche personnelle ; adhérer à Dieu n’est pas une participation à des pratiques qui ne sont toujours qu’inventions des hommes. Iéshoua’ disait : « le royaume des cieux est au-dedans de vous ! ». Il ‘a jamais dit « parmi vous » - cela est le fait d’une traduction viciée. Iéshoua’ ne parlait pas latin. Ainsi entent-on trop souvent dans les églises des paroles qu’Il n’a jamais prononcées. Quant aux sophismes brandis tels : « hors de l’Eglise pas de salut ! », « un Chrétien seul est un Chrétien en danger ! » ; ils ne sont que discours commerciaux de boutiquiers de la foi. Au commencement de ce nouveau millénaire – aube du Monde nouveau – doit être un Evangile, brut, non dénaturé, non récupéré, non asservi aux ambitions des clercs dévoyés et mercenaires. Au commencement était l’Evangile de Iéshoua’ ; ensuite apparut le « Christianisme » qu’il n’a jamais fondé. Iéshoua’ n’est pas le fondateur du « Christianisme » ; il est l’œuvre de Paul de Tarse et des empereurs Constantin et Théodose… Ce qui entraîna et entraîne toujours parfois des liturgies déconcertantes, et, toujours, des pratiques religieuses primant sur la véritable conversion – qui est changement radical de mode de vie et de pensée. Sans compter le culte des saints passant avant celui dû au Créateur. Ajoutons hélas enfin quelques superstitions et des travers portant à l’idolâtrie ; et nous pouvons parfois nous écrier : « Ah ! Brûler tous les livres dits ‘pieux’ et ne conserver pour fortification de la vie spirituelle qu’un Evangile authentique et bien traduit ! ». Haro sur le « cubénisme », redoutable sclérose de l’âme !

Ah ! Oui, décidément : bonne terre créée par Dieu pour territoire de l’homme ; que tu es belle lorsque cet homme n’essaie pas de te grimer ! Le viol de la terre est également un acte criminel. A propos de respect de la terre, il y avait encore au début des années soixante – avant la furie vaticandeuse – une bonne cérémonie catholique : les Rogations, qui consistaient, au printemps, à partir en procession dans la nature tout en priant et en chantant des litanies pour demander au Ciel de favoriser les récoltes. Voilà quelque chose de sain ! Je m’aperçois qu’il en est des religions comme des idéologies politiques : on peut glaner par-ci, par-là, le meilleur et jeter le reste…Heureusement, notre époque, scientifique, a désormais les moyens d’investigation dans le passé pour discerner le vrai du faux ; pour informer avec des preuves, plutôt que de désinformer avec des doctrines, des interdits, des falsifications et des excommunications. Car, en relisant l’Histoire telle qu’elle se déroula véritablement, l’on rencontre bien des abjections commises par des gens d’Eglise  - et souvent parmi les plus élevés dans la hiérarchie. Augustin, par exemple, au Vème siècle, rédigea le premier traité justifiant dans l’Eglise le droit politique de supprimer les non-catholiques. Il écrivait au Comte Boniface : « Il y a une persécution injuste, celle que font les impies à l’Eglise du Christ  et il y a une persécution juste, celle que font les Eglises du Christ aux impies. » Même Thomas d’Aquin approuvait la condamnation à mort de tous ceux qui étaient reconnus hérétiques. Il enseignait : « En  ce  qui  concerne   les  hérétiques, ils  méritent  d’être séparés de l’Eglise par l’excommunication, mais aussi d’être retranchés du monde »… En 1233, l’Espagnol Dominique de Guzman (futur « saint » Dominique) – fondateur de l’Ordre des frères prêcheurs, tout d’abord appelés « Jacobins » avant de devenir « Dominicains » - qui se voit confier l’Inquisition par le pape Grégoire IX, déclare : « Puisque aucun remède n’a d’effet sur le mal, que celui-ci soit extirpé par le feu ! Que le malheur de la guerre ramène les personnes à la vérité ! ». Pie V, alias Michel Ghislieri, deviendra Grand Inquisiteur…(Pour plus d’informations, cf. « Jésus parlait araméen, Eric Edelmann, les éditions du Relié, Pocket n°11672). Montaigne avait ses raisons logiques et argumentées de dire qu’il n’y a pas d’hostilité plus grande que l’hostilité catholique. Quant à Voltaire, il avait été profondément marqué par le cas du Chevalier Jean-François de La Barre (1747-1766) condamné à l’âge de dix-neuf ans à « la torture ordinaire et extraordinaire » pour ne pas avoir enlevé son chapeau – alors qu’il pleuvait –devant une procession de capucins dans les rues d’Abbeville…En ce troisième millénaire, on peut vraiment se demander par quelles aberrations de jugement et de la conscience il a fallu passer pour ériger des statues à des ecclésiastiques – soit disant « saints » - ayant prêché les croisades, ayant, en fait et de fait, incité aux génocides…De combien de milliers de morts  leur « catholicité » a-t-elle été responsable ? Et, puisque l’on a dressé des statues à ces prêcheurs de mort, pourquoi ne pas dresser une au sinistre Hitler Adolf ? J’estime qu’il faudra  réexaminer  cela à  la  loupe de la véritable Histoire, ainsi que le patrimoine des statues disséminées sur le territoire de France.  Quelque chose de lancinant nous suggère qu’un jour les peuples persécutés par ce « catholicisme » vicié et criminel viendront nous demander des comptes – et que nos ecclésiastiques qui les « accueilleront » ne crient surtout pas au « martyre » mais qu’ils se battent une coulpe, cul et goupillon à ras de terre ! Hélas, cent fois hélas, je pressens que toutes ces errances criminelles vont se payer par la destruction des églises, par l’extermination du clergé. Et ce châtiment ne viendra sans doute pas uniquement des hommes jadis persécutés mais de la révolte des éléments actuels. En 2009 nous apprenions que le Vatican finançait un observatoire destiné à mettre le soleil  sous haute surveillance, suite aux prophéties de Notre-Dame plus particulièrement lors de ses visitations à Fatima. (Cf. « Notre-Dame de l’Apocalypse » - Pierre Jovanovic – Le Jardin des Livres).

Alors que faire, en attendant ces règlements karmiques ou décidés par le Ciel ? Que faire ? Que faire ? Pauvres de nous qui devenons de tristes et désabusés crapauds de bénitier coassant dans le doute croissant : « on n’sait plus quoi croire ! On n’sait plus quoi croire ! ». Déjà, s’asseoir et écouter Dieu (Allah, Elohîm, Grand Architecte de l’Univers, Yahvé) qui parle au cœur de qui veut l’écouter. Que faire ensuite, que faire encore, que faire toujours ? La réponse, l’antidote à toutes les fausses dévotions, à tous les pharisaïsmes, à tous les sacerdoces dégénérés à tous les sacrements  vaticandeux  inopérants,  à  toutes  les aberrations cléricales ; nous a été donnée par un personnage – Iéshoua’ qui eut fonction de Christ – dont l’existence commence à être éclaircie et prouvée par les moyens de la Science (archéologie, découvertes de manuscrits inconnus, recherche patientes d’historiens magistraux) J’ajouterai que d’importants travaux réalisés par nos frères francs-maçons, depuis ceux de Robert Ambelain, continuent de cerner les véritables actes sur terre ainsi que les véritables enseignements de Iéshoua’ – dont l’existence n’a maintenant plus aucune raison d’être mise en doute. Nous vivons une exaltante époque où la Science va nous apporter les preuves de l’existence de Dieu ! Une époque exaltante qui nous démontrera que Dieu n’est pas la propriété d’une Eglise particulière, n’est pas la propriété de mercenaires ou de religieux fantaisistes. Le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde le salut !) nous rappelle : « Il n’y a de dieu que Dieu ! »

En quoi consiste donc la vraie spiritualité  - la bonne et seule et vraie religion ? En deux commandements. Deux commandements, si simples en apparence, mais si longs à respecter comme à pratiquer. Si longs qu’ils demandent parfois l’apprentissage de toute une vie. Deux tout simples commandements qui ne sont autres que la voie de la perfection – que l’on appelle aussi « sainteté », quoi que ce terme ait été galvaudé, usurpé et injustement attribué à des individus qui ne le méritaient certes pas. Ce commandement, le voici :

 

28 – Un des Sopherîms s’approche de lui ; il les entend discuter,

et pénètre que Iéshoua’ leur a bien répondu.

Il l’interroge :  « Quelle est la première de toutes les misvots ?*

29 - Iéshoua’ répond :

La première est : Entends Israël, Yahvé/Adonaï, notre Elohîms, Yahvé/Adonaï un,

30 - et tu aimeras Yahvé/Adonaï ton Elohîms

de tout ton cœur, de tout ton êre, de toute ton intelligence,

et de toute ton intensité.

31 - Et la deuxième est : Aime ton compagnon comme toi-même.

De misva plus grande, il n’en est pas ».

Marcos12, 28-31

La Bible, André Chouraqui, Desclée de Brouwer.

 

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ESPACE DES VOIX DANS LE SILENCE

 

Je suis attiré par les grands cimetières. Les jardins publics, les grandes églises, les grands cimetières : tels sont mes « quartiers généraux » lorsque je suis en quête d’un havre me permettant d’écrire et de me restaurer sur un banc (jardins publics) ; me permettant de me reposer et, toujours, d’écrire (grandes églises)  me permettant de méditer et de rechercher je ne sais trop quoi…(les grand cimetières). « Je ne sais trop quoi »…Je suis attiré par les grands cimetières, ou plutôt, Quelqu’un m’attire dans les grands cimetières. Ce n’est pas une coïncidence ; un enseignement m’attend parmi les tombes de tous les styles et de toutes les classes, au travers des grands cimetières. La Conscience Universelle (Dieu) a sans doute une voie à me faire découvrir, une voix à me faire entendre.

Initialement je pensais qu’il n’y avait personne sous ces pierres tombales devant lesquelles des gens venaient se recueillir. Les âmes, je les sentais au-dessus de moi et qui me regardaient. Il n’y avait donc personne dans la terre des cimetières ; tout se passait dans les nuages. Et puis, avec l’enseignement de la Théosophie, j’appris que les entités en « dévachan » (domaine des dieux) rencontrent un lieu qui n’a pas les mêmes notions de temps que celles de notre planète Terre ; elles se retrouvent en état de recharger leurs batteries, avant de se réincarner. Quant à nous, il nous est impossible de communiquer, d’une façon ou d’une autre, avec les êtres disparus ; j’ai même appris qu’il était vain, voire dangereux, de le faire. Nos « disparus » évoluent dans un espace d’éternité – qui n’est pas le temps sans fin, mais l’absence de temps. Nous autres n’avons pas à tenter d’appréhender cette sphère. Horreur et catastrophe que le spiritisme – voie express pour l’asile psychiatrique ou le suicide ! Par contre, jusqu’à la décomposition du corps, l’âme est présente dans le corps du défunt, et, durant quelques instants, il y a réellement quelqu’un dans la dépouille devant laquelle nous venons nous recueillir. William Quan Judge (in L’Océan de Théosophie) écrit :

« Il est possible à l’homme réel – que certains appellent l’esprit – de communiquer avec nous pour quelques brefs instants, immédiatement après la mort mais, ce temps passé, l’âme n’a plus rien à faire avec la terre jusqu’à sa réincarnation ».

Alors, une fois que notre âme a quitté notre corps, les êtres que nous avons véritablement aimés, que ce soit d’une passion amoureuse ou d’un amour filial, sont-ils irrémédiablement séparés de nous pour toujours ? Je citerai encore Judge :

« Mais, demande-t-on parfois, qu’advient-il de ceux que nous avons laissés derrière nous ? Les y voyons-nous ? Nous ne les y voyons pas en réalité, mais nous nous faisons d’eux une image aussi parfaite, complète et objective que durant la vie, et en même temps dépourvue de tout ce qui nous semblait alors défectueux. Nous vivons avec eux et les voyons grandir en bonté et en sagesse, plutôt qu’en médiocrité ou en méchanceté. La mère qui a laissé ici-bas un fils ivrogne le trouvera en « devachan », sobre et bon, il en est de même pour tous les autres cas : parents, enfants, maris, femmes, tous y retrouveront ceux qu’ils aiment parfaits et pleins de sagesse ; et cela n’a pour but que le plus grand bien de l’âme. Qualifiez-le d’illusion si vous voulez, mais l’illusion est nécessaire puisque l’illusion c’est souvent le cas dans la vie (…/…) Cependant les entités en dévachan ne sont pas entièrement dépourvues du pouvoir d’aider les êtres laissés sur terre. L’amour, le maître de la vie, s’il est réel, pur et profond, amènera parfois l’heureux égo en devachan à exercer une influence salutaire sur ceux qu’il a laissés sur terre, non seulement dans le domaine moral mais aussi dans les circonstances matérielles ».

Nous insistons bien sur ce point : n’importunons pas nos disparus avec des demandes ou des chagrins déchirants, leur destination les conduits – à moins, bien sûr, qu’ils se retrouvent damnés – dans un lieu de parfaite félicité duquel ils ne veulent vraiment pas se soustraire. Leur renvoi sur terre (dans les cas d’Expérience aux Frontières de la Mort) les contrarie absolument…

Par ailleurs, Karma est une loi juste et logique : nous avons la possibilité de nous réincarner en même temps qu’une autre entité avec laquelle nous avons vécu un itinéraire  affectif conséquent. De sorte que des amoureux séparés par un destin tragique peuvent de nouveau être réunis pour s’aimer dans une prochaine réincarnation. Partant de là, une femme peut se retrouver mariée à un homme qui fut déjà son époux dans une autre vie. Partant de là, un père peut engendrer une petite fille qui fut celle-là même qu’il aimait passionnément dans une incarnation précédente et qui, cruellement, lui fut ravie par la mort terrestre.

Les cimetières, alors ? Lieux de traditions. Espace en mutation, toutefois. Le cimetière de Dole possède son Jardin du Souvenir crématiste. L’Ecologie, l’étude des religions orientales, l’aube de retour de l’enseignement des religions orientales, l’aube d’un renouvellement de l’influence théosophique ; tout cela dès le début du siècle prochain, est appelé à changer profondément la physionomie des cimetières occidentaux.

La destinée post-mortem de mon corps physique ? Peu importe puisque mon âme ne restera pas au cimetière ! Avouez que j’ai donc bien raison de fréquenter les cimetières…de mon vivant !

 

Samedi 23 juin 1990, Dole, 7 h 35

Sur un banc longeant le mur du cimetière Nord.

 

Conseil de lecture :

L’Océan de Théosophie, William Quan Judge.

182 pages. Textes théosophiques.

11 bis, rue Kepler – 75116 Paris

theosophie@theosophie.fr

Textes extraits de : « LE POÈTE, CE ROI »

et “LES ARBES HORS DU TEMPS www.nicolas-sylvain.jimdo.com

Le banc devant le cimetière Nord à Dole (Cliché Juin 2021)
The End of the Day (Karunesh)

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