DOLE PRIORITY

Dole - Port de plaisance et basilique Notre-Dame.
Crédit photo : www.canstockphoto.fr

Passant mais pas stagnant.

 

Etranger aux « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » (Georges Brassens dixit), et non parachuté dans cette ville ; je livre quelques renseignements généraux – et généreux – quant à mes séjours cyclothymiques à Dole, ma ville natale (Région de Bourgogne-Franche Comté, département du Jura). J'ai donc jusqu'à présent vécu, évolutif, dans cinq départements sur  quatre  régions. Et puis deux ans et trois mois, mythiques, en Allemagne. Sous réserve que je perdure encore, je poursuivrai mon pèlerinage sur terres nubiles pour moi et sous d’autres cieux inédits – de préférence aux lointains prometteurs de ce Monde nouveau pour lequel j'entretiendrai – bien huilée – les roues de la mobilité globetrotteuse. Pour l'heure, je finis de mettre de l'ordre dans mes papiers, en les numérisant,  et je hume déjà l'air aguicheur de mes prochaines partances.

Les Mesnils-Pasteur au 30.05.2020

Tarif prioritaire.

 

Priority à cet envoi que je poste en première instance aux concitoyens dolois desquels je fus à trois reprises. Et puis, en seconde levée de courrier, pour les Doloises et Dolois actuels qui me découvrent sur le Net. La préférence de mon cœur polynucléaire bat pour qui est venu, qui vient et qui viendra des grands lointains de ce Monde nouveau migrateur.

Ne me banalisant point quant aux hommages rendus à l'onction calibrée; je ne citerai qu'une personnalité ayant tenu quelques rênes de la chose publique et politique  à Dole : le Docteur Jean-Pierre Santa-Cruz.  Né le 3 Septembre 1938 à Sidi-Bel-Abbès (Algérie) et décédé à Dole, le 17 Janvier 1995 ; il fut Maire de Dole de 1997 à 1983, Député de 1992 à 1995 et Conseil Régional de Franche-Comté de 1986 à 1995. Je le rencontrai à sa permanence de député. Du Parti Socialiste, il colora la Ville de la couleur  du Printemps de la Rose. Et sa mémoire me reporte aux Mesnils-Pasteur – ville en marge de la ville  avec ses 5000 habitants - humain étang de sang neuf pour l'irrigation du Monde nouveau. Ce Monde nouveau  immunisé de la sclérose en flaques du conservatisme, du chauvinisme et du racisme. Un futur Maire de Dole arrivé d'un pays extra-européen me ravirait de l'âme et de la plume ! L'une des raisons pour lesquelles je revois parfois Dole de mes yeux baladeurs et visionnaires.

Dr. Jean-Pierre Santa-Cruz (Crédit photo : www.assemblee-nationale.fr)

Renseignements généraux.

 

Le jour de ma naissance mes parents habitaient rue du Val d'Amour – cette longue rue conduisant en Forêt de Chaux. Pour leur malheur ils durent quitter la ville et je n'avais que neuf fois lorsque je fus éloigné de Dole.

J'y reviens quelques années plus tard pour suivre la 4ème et la 3ème à l'Ecole Pasteur tenue par les Frères des Ecoles chrétiennes. Je suivis des cours d'harmonie auprès du Directeur du Conservatoire de Musique. Un souvenir pas banal me ramène à la rue Pasteur – dans laquelle habitèrent les Gindre, mes grands-parents maternels. Certains jeudi après-midi en période scolaire hivernale, avec cinq ou six camarades, je chargeais une charrette à bras de sacs de bois extirpés d'une cave ancestrale et  profonde de la rue Pasteur. Le responsable de cette association en était un certain Monsieur Blondeau. Ensuite de quoi, tirant et poussant cette charrette à bras, nous allions livrer ces sacs de bois aux plus nécessiteux de la vieille ville. Pour la première fois de ma vie je respirai le gris humide de la misère dissimulée dans des logis obscurs, silencieux comme des bric-à-braques d'objets inutilisables d'un passé décédé.

Ancien atelier de Jean-Joseph Pasteur (père de Louis) le long du canal des Tanneurs à Dole.

Ma mère, Adrienne Gindre, habitait donc rue Pasteur, avec ses parents : Joseph Gindre et Hélène Ducret. Elle avait quatre sœurs : Marthe, décédée  vers la trentaine, Renée – qui deviendrait ma marraine de Besançon - Anne-Marie – qui épouserait un Alsacien et le suivrait dans sa région - et Paulette. Ma mère avait aussi un frère ; Henri, qui débuta comme apprenti au dépôt  de la gare de Dole, conduisit les machines à vapeur et termina sa carrière sur les motrices électriques. Ayant quitté Dole pour des raisons professionnelles, il habitait la Région parisienne et ne manquait jamais – tous les ans – de revenir à Dole en pèlerinage sur la fête de la Pentecôte...C'était un homme affable, discret, retiré, contemplatif. Il devait entretenir une forte vie intérieure. Au livret de Famille délivré le 20 Mars 1948 par la Mairie de Dole, ma mère est déclarée « infirmière » et mon père « jardinier » - profession qu'il exerçait en Région parisienne avant d'épouser ma mère. Très exactement il oeuvrait dans les châteaux de la Région parisienne, comme décorateur-paysagiste. C'est ainsi que ma mère – travaillant à l'Hôpital de la Ville (aujourd'hui Médiathèque de l'Hôtel-Dieu) – assistait aux opérations des docteurs Mathieu et Penin, chirurgiens renommés de la Ville.

Je fus baptisé à la Basilique Notre-Dame, par le vicaire – abbé Letoublon (mais je ne suis pas certain de l'orthographe exacte de son nom ; la copie de l'acte de baptême en ma possession est d'un jaune de parchemin et pas toujours très lisible). Pour moi, cette précision d'ordre ecclésiale ne demeure pas négligeable. Dans la vie tout est signes. Signes qui, souvent, ne délivrent pas tout de suite leur signification.

Dole - Canal sur Brevans.

Les Mesnils-Pasteur

 

Juin 1990 à Mai 1994, j'occupe un F2, rue du Dauphiné, aux Mesnils-Pasteur . Au rez-de-chaussée, en face de la route Dole-Choisey.  Je n'eus aucun contact avec le moindre ressortissant du Maghreb. Ce n'est qu'à Dijon, et en Eté 2009, qu'une jeune ressortissante de ces Pays m'adouberait au Mondialisme littéraire, culturelle et spirituel. Mais en ce tout début des années 90 je m'affairais à la rédaction, composition, impression et diffusion de mon petit bulletin trimestriel « Florica » qui devait s'élargir en revue de 60 pages, avant de disparaître en 1995, à Dijon, à mon retour de département de l'Aisne. Professionnellement : intermittence de l'Emploi avec une année comme secrétariat – à mi-temps – au CPAL du TGI de la Ville (je traduis : Comité de Probation et d'Assistance aux Libérés du Tribunal de Grande Instance) situé rue des Arènes dans un ancien couvent. Donc : vie libre subventionnée par la manne des Affaires Sociales. Je continuai mon apprentissage de l'écriture poétique. Peu de proses. Beaucoup de lecture des ouvrages de théosophie. Enormément de sorties quotidiennes à pieds : Forêt de Chaux, colline du Mont-Roland avec son sanctuaire. Nombreuses stations tout contre le cimetière Nord, avec écriture et lecture. Quasiment aucune pratique religieuse - sans doute pressentais-je l'aube prochaine de la création de mon Temple intérieur ? Je finis par me porter acquéreur d'un VTT neuf. « La belle vie » pour un futur ermite extraverti. Mais à cette époque doloise je n'étais pas encore extraverti, et loin de songer au « médiatisme » dont le Net allait m’honorer vingt ans plus tard. Toutefois, je m'initiai au traitement de texte dans un organisme de formation sis...rue Pasteur.

Aujourd'hui les Mesnils-Pasteur sont devenus pour moi les « Mesnils Passeurs »  de corps et d'âmes à destination du Monde nouveau. Je m'y ressource périodiquement la plume et la table, avec ses produits orientaux. Expecto (j'attends) ce que le Grand Architecte de l'Univers m'enverra comme nouvel ordre de mission. Et pour quelle destination.  « Dole priority » page expédiée pour vous, Lectrice accorte et Lecteur éveillé. Ami(e)s du Net et inconnu(e)s de Dole – que je ne connais pas mais qui me connaissez, numériquement parlant – recevez l'assurance que je ne vous oublie pas et que – doté d'une mémoire d'ordinateur – je reprends toujours l’un ou l’autre  train de ma vie là où je l'ai laissé. Cet après-midi de Samedi 30 Mai 2020, je rends une visite-éclair aux Mesnils-Pasteur pour un cliché de cette page. Voici trente ans –en Mai 1990 – j’arrivais aux Mesnils-Pasteur pour étrenner mon premier logement spacieux, au rez-de-chaussée du 16 D de la rue du Dauphiné. En 2020, non, je n’ai pas changé ! Je poursuis ma portion de Temps le long duquel je passe, tout en changeant de vêtements selon les saisons de ma vie citoyenne. Mais mon âme et ma plume (de nos jours cette dernière plus souvent nommée « souris ») demeurent inamovibles. Telles l’estime et la fidélité que je vous garde.

Dole - Ancien hôpital. aujourd'hui : somptueuse "Médiathèque de l'Hôtel-Dieu"

Prophéties pour la Ville de Dole

 

Deux prophéties majeures dans lesquelles est impliquée ou simplement citée le nom de la Ville de Dole.

 

a) Michel de Nostredame (alias Nostradamus) - 1503-1566.

 

L'ARMÉE RUSSE ASSIÉGÉE DANS DÔLE.

ARMÉES RUSSES VENUES PAR LA R.F.A.,

LA SUISSE ET LA YOUGOSLAVIE.

INVASION DE L'ITALIE

VII, 4.

Le Duc de Langres1 assiégé dedans Dôle2

accompagné d'Ostun3 et Lyonnois :

Genève, Auspurg4 joint ceux de Mirandole5

Passer les monts6 contre les Anconnois7.

Traduction :

Le général de Langres sera assiégé dans Dôle où l'auront rejoint les armées d'Autun et de Lyon, par les armées venues de Genève et d'Augsbourg, et qui feront jonction avec l'armée arrivée à Mirandole, après avoir franchi les alpes pour marcher sur Ancône.

1)      Ville de Haute-Marne, au nord de Dijon

2)      Ville du Jura, au nord de Chalon-sur-Saône

3)      Pour Autun

4)      Pour Augbourg, ville d'Allemagne

5)      Ville d'Italie entre Modène et Mantoue, partie du Duché de Modène.

6)      Les Alpes Carniques.

7)      Ville sur la côte Adriatique au sud-est de Mirandole.

Samedi 31 Mai 2020 – Dole, au travers de la ville.

(Sources : Nostradamu Historien & Porphète – Jean-Charles de  Fontbrune – Ed. Du Rocher, 1996.)

 

b) Marie-Julie Jahenny : (1850, Blain en Bretagne – 1941, La Fraudais)

 

Stigmatisée, elle fut gratifiée d'une somme d'extases desquelles ont été notées en sténo (quasiment au fur et à mesure qu'elle les dictait) des prophéties concernant le destin de la France, mais également les 3 jours de ténèbres dont Notre-Dame des Douleurs (Escorial, Espagne, 1981) donna des précisions « techniques » quant à l'origine de cette obscurité, avec disparition de l'électricité et de tous les moyens de communication informatiques. Ainsi fit-elle dresser la carte de la France envahie par la Chine et la Russie ; avec les noms des zones secouées de tremblements de terre et des villes détruites. Voir le site particulièrement dense : www.marie-julie-jahenny.fr

Depuis Mars de cet an 2020, nous constatons le début visible des tribulations annoncées (d'ailleurs, par Nostradamus et Marie-Julie Jahenny). Mais, toujours nous rappellerons qu'une prophétie demeure conditionnelle en attente de la réaction des hommes à son annonce. La Reine des Prophètes – la Très Sainte Vierge Marie – reste formelle sur la condition pour retarder ou éviter les prophéties dramatiques : la conversion de l'humanité. « Convertir » est ici employé au sens second : changer, se transformer. Ce qui, paradoxalement, engage les croyants de toutes les religions à réviser ce qu'ils font de leur foi... Se convertir est essentiellement respecter les lois de Dieu et de la Nature. Le reste est fréquemment question de boutiques et de cotisations... La bonne nouvelle, pratique pour nous autres, humains avec les racines en terre et la tête dans le Ciel ; est de prendre conscience de nos pouvoirs inconnus et de notre libre-arbitre – même face à des hypothèses et des probabilités de catastrophes anéantissant les deux tiers de l'Humanité.

Mon rôle est celui d'un passant – non d'un stagnant – simple artisan de la Communication digne de ce nom, voire salvatrice, œuvrant aussi pour que jamais  l'on ne puisse dire : Delenda est Dola (Dole doit être détruite).

En conclusion je vous offre cette exhortation :

« Qu'est-ce que l'homme, si le bien suprême, l'aubaine de sa vie est uniquement de dormir et de manger ?... Une bête, rien de plus. Certes, celui qui nous a faits avec cette vaste intelligence, avec ce regard dans le passé et dans l'avenir, ne nous a pas donné cette capacité, cette raison divine, pour qu'elles moisissent en nous inactives ».

(William Shakespeare, Hamlet).

 

 

LE TESTAMENT DOLOIS

 

Ecriture aragonienne.  Louis Aragon (1897-1982) écrivit toute son importante et magistrale œuvre poétique sans la moindre ponctuation. Mode d’écriture alternative que je pratiquais à mes débuts en 1979.

 

Dijon Il est vrai j’en rêvais

Les années où je découvrais

Louis Aragon et son Roman

Inachevé Et maintenant

Être Dijonnais tous les jours

Je peux Mes premières amours

En poésie aragonienne

Assez galamment me reviennent

Me rajeunissant de trente ans

D’un coup surtout que je veux tant

Ėcrire ainsi que je faisais

Lorsqu’au début fort j’y croyais

Cela me reprend tel un mal

Aimé que l’on trouve normal

 

Hardi retour au syllabisme

Je regarde au travers du prisme

De ma regrettée pré-trentaine

Je puis courir la prétentaine

Avec rime et vers calibrés

En matinée comme en vesprée

Du Temps où je n’étais peut-être

Rien que ce que je devais être

Et que j’aurais dû demeurer

Plutôt qu’aux jeux de con jouer

Au point de paraître cynique

En laissant la pensée unique

Frapper à mort et dans le do

Tous les amis occis tantôt

 

A mon époque âcre et virile

Nous n’avions de jeux imbéciles

Ni casque d’écoute à la tête

Rendant passif absent et bête

Ni non plus l’idiotie d’écrire

Phonétiquement et bien pire

Aussi avec provocation

Je bannis la ponctuation

Tel que toujours le Fou d’Elsa

Magistral cet art illustra

Vous direz ce que vous voudrez

Vous ferez ce que vous pourrez

Moi je retourne à la vie saine

Sans plus d’idéologie vaine

 

Roman Inachevé classique

Démarqué du mou chaotique

Des Poéteux de la Pitié

Enrubannés et décorés

Par les bas mandatés du cru

J’avais le verbe haut très cru

Lorsque certes prisant le vin

Hélas délaissant le Divin

Je me forgeais de plomb d’étain

Mon pseudonyme de Sylvain

Le chemin vers la sainteté

Est tavelé d’iniquités

Pour se forger une âme en fer

Il faut faire un tour en Enfer

 

Dieu créa l’homme à son image

Ce n’est pas que vue pour le sage

Mais surtout pas pour le singer

Se mesure avec le danger

Qui ne reste pas à sa place

Tirer la pièce à pile ou face

Ne changera rien à la donne

Et tant de bigots déraisonnent

À jouer l’ange et c’est la bête

Que Satan tient par la bébête

Celui qui croit sera sauvé

Dès qu’il a été baptisé

Les Ėglises sont des boutiques

Au loin des vues et lois christiques

 

Il faut contenter le chaland

Par des sermons accommodants

Sinon adieu Denier du Culte

Il vous mettra le pied occulte

Pasteurs le paroissien fâché

Lorsque l’homélie est soldée

Presqu’aussitôt quelqu’un s’apprête

À faire circuler la quête

Qui va se retrouver en berne

C’est pour cela que l’on vous berne

Avec la doctrine au rabais

La théologie des attraits

Vatican II sur rails a mis

Tous les trains pour l’apostasie

 

Disciple du grand Aragon

Voici plus de trente ans crénom

Je ne fréquentais plus l’Ėglise

Rebuté par l’ointe bêtise

De sa bâtarde liturgie

Dieu mettait dans la Poésie

Sa raison de vivre à mon âme

Au travers de mots francs de flammes

Car ma plume était décapante

Et ma rime abrupte et coupante

Je n’oubliais pas Notre Père

C’est dans sa création première

Prairies canaux étangs forêts

Que je Le célébrais secret

 

Puis après je m’en suis mêlé

De la Boutique et suis allé

Jusqu’à devenir pas très saint

Une année pleine un sacristain

Ce fut un an de Purgatoire

Presque proche du désespoir

Ah diantre et peste et foutre et crotte

À qui aux apostats se frotte

Recrucifieurs du Christ en croix

Tous ces déjantés de la Foi

Que j’aurais voulu mon absence

Au culte de ces indécences

Aujourd’hui insatisfait j’erre

 

Du Passé formateur j’espère

Retrouver le moule adoubeur

De l’Ordre doré des Rimeurs

J’en appelle à Louis Aragon

À son chef-d’œuvre tout au long

Duquel la Vie digne de vivre

Sourd et jaillit et fuse et vibre

Et j’ai la nostalgie soudaine

Des audaces de ma trentaine

Mais avec Dieu de tout et dieu

De ma Liberté de mes vœux

D’honorer libre le talent

Dont il me gratifia clément

Un Lundi d’une année doloise

Dans une famille gauloise

 

Mon père était né à Paris

Ma mère issue doloise et puis

Malheur à ma pauvre famille

Qui dut quitter loin des ramilles

De la Forêt de Chaux tout près

La rue du Val-d’Amour Après

Ce fut la descente au cloaque

Le trou dans lequel vite on claque

Si l’on ne fuit pas ses cloportes

Aujourd’hui bien mieux je me porte

De l’avoir renié mais je pleure

Dole manquée qui du malheur

Nous aurait exemptés Parents

Pour vous venger je prends mon temp

 

Il ne m’est pas prévu de nuire

A qui que ce soit ou détruire

Quoi que ce soit Il est question

De votre mémoire En fonction

Des pouvoirs qui m’échoient et vont

S’accroître au fil du Temps-larron

J’édifierai cette mémoire

Quand les venimeux du terroir

Ne seront plus que cendre et fable

Rendant la vie plus respirable

Ils sont déjà tous pardonnés

Si leur malice est incrustée

Le Temps est Lui bon guérisseur

Qu’il guérisse en notre faveur

 

Dijon – Mardi 24 Novembre 2015

(Extrait « L’ERMITE EXTRAVERTI »)

www.nicolas-sylvain.jimdo.com

 

 

SOUS LE SIGNE DE LA CROIX

 

Dole (Jura). Ecole Pasteur. Eté 1966. Sortant de 5ème classique du Petit Séminaire Notre-Dame de Vaux-sur-Poligny  je suis inscrit pour la classe de 4ème. Et comme ayant quitté l’Ecole Primaire  pour le Secondaire sans avoir passé le CEP (le célébrissime « Certificat d’Etudes Primaires) je suis mis en demeure de le passer avant la rentrée de Septembre. Estivale récréation que l’obtention de cet emblématique CEP, lorsque l’on sort de deux années classiques avec latin et grec ! Première des trois originalités de mes études, avec le Droit en 1972   et  l’année  universitaire  1996 – 97 au  Séminaire international d’Ars-sur-Formans dépendant de l’Académie de Lyon. Cette Ecole Pasteur, à l’époque, assurait l’enseignement général et l’enseignement technique. Elle était conduite par les Frères des Ecoles chrétiennes dont la Maison mère se trouvait rue Andrey à Besançon. Ces frères portaient encore la soutane grise. L’Enseignement général était dirigé par le frère Lambert ; l’Enseignement technique par le frère Romain. Je connus : frère Gérard (anglais), frère Rémi (Mathématiques), frère Paul (Physique-Chimie), un Monsieur Sublet (français) et frère Romain (dessin industriel). Des civils assumaient les autres matières. Les deux disciplines dans lesquelles je m’illustrai furent le français et l’anglais. Frère Rémi devait nous quitter brusquement à la suite d’une crise cardiaque, en 1966. Certains de ses élèves –dont je faisais partie – assistèrent  aux obsèques célébrées dans la chapelle de la rue Andrey à Besançon. Il fut inhumé au petit cimetière privé de la même adresse. Les sépultures ont regagné depuis le   cimetière   Saint-Claude,  dans  le  même quartier. C’est ainsi que je me rendis pour la première fois rue Andrey, que je devais retrouver quarante-neuf ans après lors de ma rencontre avec la Fraternité Saint-Pierre, desservant l’église Sainte-Madeleine pour la liturgie tridentine, et sur intervention du pape Benoît XVI.

C’est durant ces deux années scolaires 1965-1966 / 1966-1967 que –  toujours passionné de Musique d’orgue, puisque j’étudiais l’harmonie avec le directeur du Conservatoire de la Ville – je couvris un certain nombre de carnets intimes, sans toutefois la moindre intention littéraire. Je regretterai toujours de ne les avoir pas conservés ; ces mines en tous genres expliqueraient sans doute aujourd’hui mon arrivée  brutale  dans  les Lettres en 1977. Et, surtout, elles attesteraient que je n’ai pas changé, que je ne me suis pas renié, qu’un sang neuf irriguera toujours mes pensées ; ce qui me maintient dans une chrétienne intemporalité salvatrice et sous le signe de la croix.

L’assurance de ma pieuse estime demeure aux Frères des Ecoles chrétiennes encore pèlerins sur notre terre. Le souvenir d’anciens camarades d’études de l’époque me reste également dans la pensée amicale et orante.

Extrait de « RUE DU VAL D’AMOUR »

www.nicolas-sylvain.jimdo.com

 

 

CAHIER DES CHARGES

 

 

Je garde un compte à régler

En songeant à mes parents :

Ce que me doit le Passé,

A virer sur le Présent.

 

 

FĖVRIER 1952

 

I

 

Noir Février chassant de Dole

Mes parents avec moi pour une

Malédiction et par un dol

Du destin criblé d’infortunes.

 

II

 

Et puis je croupis

Quelques décennies

Parmi les cloportes

Que le Diable emporte.

 

III

 

Un jour je m’en retournerai

A Grebauluc par Saint-Calot

Et, vainqueur j’exorci-se-rai

Ce Passé jusqu’au dernier rot.

 

IV

 

Je pense à ma mère

Et je sais, amer,

Que sans faute un jour

Franc et sans détour

Je m’en vais devoir

Venger sa mémoire.

 

Jeudi 11 Décembre 2014

Dole, rue du Val-d’Amour

*

LE DOLOIS THÉOSOPHE

 

(C’était à l’époque ou un « Qui-que-quoi-lequel » -en vue dans les milieux journaleux- s’était écrié lors d’une soirée littéraire privée : « Ce Nicolas Sylvain, il fau le démolir ! »… Il décéda deux ans après, cependant que jamais je ne lui tinsse rigueur de ses propos assassins. Mes ennemis furent infiniment plus utiles que bien de mes amis : me sommant, par leurs attitudes, de ne pas devenir ce qu’ils étaient devenus. A cette époque doloise (1990-1994) Blavatsky, Juge et d’autres théosophes me décidèrent à vivre de mon vivant, bien avant de gésir hors du Temps.) 

 

3615 DIVINICHÊVRE…

 

XXI° siècle : ère du Verseau, renouveau de la spiritualité, foires à l’ésotérisme de bazar, spéculations maraboutiques, désenvoûtement par correspondance, astro-voyance sur ordinateur (plus la peine de vous déranger : on n’a que faire de votre présence, de vos vibrations, du son de votre voix) surtout ne vous montrez pas pour que l’on puisse mieux vous arnaquer ! Envoyez vos thunes dans l’ bastringue et le Divinichèvre, illico, vous moulera tout chaud le fromage de votre avenir… Et si tout persiste pour vous à traîner du sabot, c’est bien évidemment pour l’occulte raison que vous avez été envoûté…

Si j’étais ministre des Finances, je présenterais une requête visant à la création d’un impôt supplémentaire pour sanctionner toutes ces entreprises de voyance industrielle sévissant sur 3615.

Quatre années d’investigations dans le domaine de la voyance m’ont permis de brandir les avertissements suivants :

-il est impossible, pour un métagnome sérieux, de dater un cliché de voyance ;

-si vous désirez connaître une partie de votre futur, faites appel à, au moins, trois voyants ; ce qui vous permettra de dresser une synthèse et de ne retenir que les révélations qui reviennent dans toutes les voyances ;

-méfiez-vous des publicités tapageuses venant de Paris et des grandes villes ; il existe souvent près de chez vous des voyants honnêtes dont les travaux, d’un coût modique, vous donneront infiniment plus de satisfactions que ceux, bâclés par des industriels de la chose, certes multi-médaillés internationaux, mais confiant votre dossier à leurs apprentis ;

-sachez qu’aucun mage, aucun sorcier, aucun médium, aucun marabout ne peut modifier votre destin en « travaillant » sur votre photographie ! Le traitement chimique par lequel est passé votre photo dresse un barrage absolument réfractaire à toute influence. Donc : le désenvoûtement par correspondance est une escroquerie grand format. Considérez, de plus, que les phénomènes d’envoûtement sont rarissimes. Enfin, quel que soit le don de votre métagnome (celui qui a connaissance d’informations par des procédés non expliqués par la Science) ; il est perturbé par les forces du mal lui soufflant de faux clichés (communément nommés « flashs ») pour mieux tromper le consultant ; d’où bienfondé des principales religions défendant le recours aux procédés pouvant faire connaître des événements à venir.

Notez enfin que la mission de la vraie voyance, non perturbée, est de vous éclairer sur la nature des carrefours de votre destin ; afin qu’il vous soit possible d’aller au-devant des bonheurs, et de contourner, amoindrir ou parfois même supprimer certains malheurs. Donc, un libre arbitre peut, selon les individus, avoir une sérieuse emprise sur les événements annoncés – si ces prévisions présentent quelque crédit.

Pour en savoir plus sur la vraie, la haute voyance, lire « Yaguel Didier ou la mémoire du futur », par Gérald Gassiot-Talabot, aux éditions Robert-Laffont, 1990, repris la même année par France-Loisirs. La lecture de ce livre vous évitera de trop rêver. Elle vous prouvera toutefois que la voyance existe ; que les vrais voyants appartiennent à la réalité, mais qu’ils sont infiniment plus rares qu’on le suppose ordinairement.

 

MIROIR AUX ALOUETTES

 

« Pour réussir, il faut sortir de l’inertie ! » On m’a servi tantôt ce conseil assaisonné. Je l’ai mâchonné, sceptique, tout en isolant ses composantes. Pour réussir, traduisez : pour nager dans le fric. Il faut sortir de l’inertie, transcrivez : il faut faire le gugusse et brasser le plus de vent possible.

Or, trop d’argent me distrairait, malencontreusement, puisque je veux rester dans ma retraite du monde pour écrire, éditer, méditer. Il est une autre jouissance du plaisir de vivre que celle de faire comme le tout-venant ou, pis, de faire semblant de vivre.

Je rêve d’une grande maison abandonnée que j’achèterais pour quelques économies, et dans laquelle je pourrais écrire, éditer, méditer, me remettre à la musique et redécouvrir mes forêts. Une grande maison isolée, comme celle que j’ai vue mercredi dernier dans le Morvan. C’est le rêve de mes dix-sept ans qui refait surface entre les vaguelettes aigres d’un quotidien machinal.

Je suis une essence d’ombre et mes meilleurs écrits ont été composés dans la nature. Sylvain, quel radical latin renferme ce prénom, sinon forêt ?

Et puis, je bouge avec la Poste. Et dans mon cas précis, c’est très loin de n’être qu’un slogan ! Le Sylvain ne réussira qu’au cœur de la retraite et dans le silence. Mon antidote à l’inertie c’est le facteur ! Et toutes mes meilleurs pages datent des époques où je n’avais pas le sou.

Vendredi 26 Avril 1991. (Dole, Jura).

 

MOBILE QUOIQUE TERRIEN

 

Je suis bien un signe de Terre. En bon Taureau (1er décan, ascendant Scorpion) épaisseur nature et cornes décidées, j’ai besoin de vert, de bois, de ciel et d’eau. A Dole depuis le 4 Septembre 1990, je commençais à manquer d’azur et d’air sauvage. L’allée des Cailles-Perdrix, qui descend raide sur le chemin de halage du canal, m’a replongé d’un coup…chez moi !

Mais avant ces retrouvailles aux sources, je dois transiter par l’ancienne fromagerie, amalgame de désolation. Complexe de grandes maisons et de laboratoires abandonnés, éventés, voire même éventrés. Toitures crevées. Sans doute repères occasionnels des sans-logis avertis. Cours grises, monticules de détritus divers et de boîtes de conserves rouillées. Inattendue maladière désaffectée, froide et comme atteinte de jaunisse. Oui, le jaune sale et la brique congestionnée sont les couleurs dominantes.

Tout près, à droite et sur les hauteurs, s’imposent massivement les bases soutenant les Orphelins.

Transition criarde sans sommations : les HLM des Mesnils-Pasteur, le sordide et la trivialité du Quart- Monde en contrebas, les fortifications en pierres taillées de l’aisance. Les Orphelins sont devenus un clos résidentiel prisé et de haut loyer.

En un quart d’heure à pieds, je travers le quotidien de trois couches de société les plus typées.

Et moi, d’où suis-je, où vais-je, et peut-on me classifier ? Toutes ces questions opportunes, mais de passage comme ma personne, me rappellent les inclinations qui me porteront  à la mobilité, donc aux voyages. Je suis, certes, l’homme issu d’une seule terre, mais l’homme de plusieurs toits, et qui sait, de plusieurs pays ?

Je ne suis pas le taureau d’un seul et même pacage.

Où vais-je bientôt me retrouver ? Pour l’heure je suis Dolois et j’effectue, posé et sage, ma promenade du dimanche après-midi.

Dimanche 21 Avril 1991 – 14h.

 

TOURNE, MANÈGE !

 

Faire voyager l’âme et le corps dans deux compartiments est une erreur contre nature déstabilisante. Le corps est le véhicule au service de l’évolution de l’âme (en ce qu’il lui impose des contraintes et des travers qu’elle doit maîtriser). Partant de là, un ouvrage de réflexions, comme celui que je compose ici, peut convivialement entraîner le lecteur dans mes coulisses. Je tends à faire œuvre d’artisan de la Communication plus particulièrement au service de la spiritualité, mais je n’oublie pas ce qui me passionne ; je suis un tout assez kaléidoscopique. La solitude recherchée m’est hautement bénéfique car « je pense tout le temps », et j’ai tant de livres à lire et à méditer !

Et puis, quant à vouloir me classer dans un type socio-professionnel ; c’est incontournablement le franc casse-tête. J’appartiens à la fois aux genres artistique, intellectuel et entrepreneur (j’ai donc toutes les qualités pour faire œuvre d’éditeur). Ajoutez mes dispositions pour  les connaissances cachées et vous vous écrierez : « Ah ! Que de monde chez cet homme-là ! ». Pour peu que mon goût de la critique incisive montre les dents… Ah ! Nouvelle donne, quel manège !

Eh bien, tourne, manège !

Dimanche 6 Janvier 1991 – Minuit.

 

 

INDOLENCE : MALÉDICTION DE L’HOMME !

 

Je relève une large citation d’un ouvrage acheté hier à la Loge Unie des Théosophes de Dijon :

L’indolence est  en fait la malédiction de l’homme. Comme le paysan irlandais et le bohémien sans patrie vivent dans la saleté et la pauvreté, par pure oisiveté, l’homme de ce monde vit, satisfait des plaisirs des sens pour la même raison. Le fait de boire des vins fins, de se délecter de mets raffinés, d’aimer les brillants spectacles et la belle musique, les belles femmes, et un cadre luxueux, tout cela ne vaut pas mieux pour l’homme cultivé, et n’est pas plus satisfaisant comme but final de jouissance pour lui que ne le sont les amusements grossiers et l’assouvissement de plaisirs de rustre pour l’homme sans culture. Il ne peut y avoir de point final, car la vie, dans toutes ces formes, n’est qu’une immense série de fines nuances ; et celui qui décide de rester stationnaire au point de culture qu’il a atteint, et se plaît à avouer qu’il ne peut aller plus loin, exprime simplement une affirmation arbitraire pour excuser son indolence. Il y a, bien sûr, la possibilité de dire que le bohémien vit heureux dans sa crasse et sa pauvreté, et que, dans ces conditions, il est aussi grand que l’homme le plus cultivé. Mais cela n’est vrai que tant qu’il est ignorant : dès que la lumière pénètre dans le mental obscurci, l’homme tout entier se tourne vers elle.

« Par les portes d’or » - M.C. – Eléments de réflexion. Textes théosophiques – 106 pages – 20 F. – Loge Unie des Théosophes, 11 bis, rue Keppler, 75116 Paris.

 

UNITÉ ET DISCERNEMENT

 

Ne jamais séparer le Ciel de la Terre ! Le corps n’est qu’un manteau de l’âme, le manteau terrestre, bien sûr. Ne jamais séparer la Conscience universelle de l’homme ! Ne jamais perdre de vue que tous, nous sommes une étincelle de la Conscience universelle ! La différence entre les hommes vient de ce qu’ils n’ont pas tous conscience de cela. D’où une infinité de plans, de degrés dans l’évolution de ces différences en matière d’évolution spirituelle. Lorsque le dialogue, ou tout simplement la tolérance, sont impossibles ; il faut fuir. Nous avons tous, quelque part, des frères et des sœurs qui sont au même stade d’évolution que nous. Avec eux nous pouvons aller encore plus haut. Aidons nos semblables moins évolués si tel est leur désir ! Sinon, partons sans éclat, sans mépris ! Les perles ne sont pas faites pour les pourceaux, mais il est vain de reprocher aux pourceaux de ne point savoir apprécier les perles. Ils sont, pour l’heure, incapables de les apprécier. A eux, seuls, d’évoluer par le biais des épreuves journalières de leur vie présente. Un temps viendra où ils apprécieront les perles avec nous ! S’il n’est pas possible d’infuser l’amour, il faut fuir. Partir plutôt que haïr !

Mardi 1er Janvier 1991

 

AFFAIRE CLASSÉE !

 

J’éprouve un grand bonheur intellectuel et spirituel à me retrouver dans les écrits et les acquis des aînés et de maîtres.  Ainsi, Clara Codd (« La Méditation », éditions Adyar, 1989) annonce catégoriquement ce que j’ai toujours pressenti par intuition et que je claironne depuis peu : il est vain de s’apitoyer sur le souvenir des fautes passées.

Que ne sommes-nous, écrit Clara Codd, assez braves pour apprendre les leçons des fautes du passé, puis les laisser partir. « Laisse les morts ensevelir les morts et suis moi ! ». Moi, c’est-à-dire le Christ Intérieur, l’idéal ».

Combien de métagnomes ne me l’ont-ils pas répété : « Ne vous lamentez pas : ah ! Si j’avais su… »

Peccadilles, graves manquements ou même actes criminels : tout sera rectifié, réglé, liquidé. Aucun sentiment d’aucune  force  ne  pourra  modifier un acte passé. Ni non plus les conséquences de cet acte. L’affaire est classée, au niveau de la dimension de notre actuelle vie terrestre. Aucun regret ne pourra infléchir les inévitables conséquences karmiques.

Et rappelons incidemment qu’il existe le karma immédiat ; qu’il n’est pas vrai que tous les règlements karmiques interviennent dans la vie future. Prenons le cas du choc en retour des pensées négatives ! L’affaire est classée ! Pas de regrets sans fond ! Rectifions immédiatement la position et agissons, car, comme le souligne Annie Besant (citée par Clara Codd dans ce même ouvrage : « La Méditation ») la seule faute irréparable est de cesser de lutter.

Vendredi 4 Janvier 1991 – 21 h.

 

 

COHABITATION DU SPIRITUEL ET DU MATÉRIEL.

 

Lorsque les hommes s’apercevront qu’il n’y a pas de différence entre une cathédrale et une mosquée, lorsqu’ils découvriront que blanc et noir ne sont que des nuances de peau créées par la nature des continents ; il n’y aura plus de guerres de religions ni de querelles raciales. Mais ces mises à niveau marqueront le début d’un nouveau cycle pour notre planète Terre. Le temps terrestre que cette évolution demandera ne peut être précisément estimé en années humaines. Pour bâtir un tel avènement de l’acceptation de la différence éclosant sur l’abolition du concept de la différence, il faudra la poussière d’évolution du quotidien additionnée à la poussière d’évolution du quotidien. Et l’on ne peut estimer le temps de poussière d’évolution qu’il faudra pour ériger la pyramide  d’un tel bouleversement.

Spirituellement, l’homme peut atteindre une dimension non appréhendable par les procédés humains de mesure ; matériellement, il est poussière en soi.

Indicible disproportion entre le spirituel, inestimable mais invisible et immuable, et le matériel, infime, palpable et dégradable !

Assumer sa condition humaine est donc faire cohabiter le sublime sans limite et sans fond, avec le vulgaire, infinitésimal et provisoire.

Samedi 27 Avril 1991 – Sainte chapelle de la Basilique Notre-Dame de Dole.

 

In FLORICA n° 34 – Printemps 1992

Extrait de “LE RETOUR DU SYLVAIN

www.nicolas-sylvain.jimdo.com

 

______________

 

Mardi 24 Janvier 1989

 

Dole (Jura). 15h45. Près du Pâquier. A côté du terrain de camping. Le canal est sur la droite. La basilique Notre-Dame, en face de moi sur la gauche. Elle domine nettement la cité puisqu’il faut descendre les rues pour se retrouver où je suis. Des lycéens, des lycéennes s’adonnent à un footing preste et qui s’enfuit. Un « petit gros » attardé peine, souffle, interroge la gauche, la droite du sentier et finit par se résoudre à ne plus que marcher, la tête basse.

Tout cela me reporte près d’un quart de siècle en arrière (1965-1966). Il me souvient très nettement que mon aversion pour le sport me contraignait à biaiser, à ruser pour en subir le moins possible. Je disais au professeur de gymnastique :

-M’sieur, je vais faire un footing !

Et je disparaissais. Je partais « me retrouver ». Je partais rêver (car à l’époque je rêvais). J’étais romantique. Je voulais composer de la musique et j’en composais un petit peu, tout en suivant des cours d’harmonie auprès du Conservatoire de la Ville. Je pensais peut-être écrire un jour –mes bonnes notes en composition françaises m’y autorisaient et mon professeur m’avait conseillé d’envisager plus tard des études de Lettres – mais avant tout j’étais musicien et je ne pensais qu’à l’orgue. J’éprouvais un irrésistible besoin de créer. Depuis ma prime adolescence, vivre, pour moi, c’était créer quelque chose à laisser un jour derrière moi ; quelque chose d’utile pour mes semblables. Je ne savais pas exactement quoi. J’avais quinze ans. L’Ecole Pasteur (alors tenue par les Frères de Ecoles chrétiennes) était la transition entre le Petit Séminaire Notre-Dame de Vaux-sur-Poligny et la vie active présupposée ; qui allait me conduire de la pharmacie à l’Armée (trois ans), de l’usine à la facture d’orgue, des bureaux à la vigne et du chômage à Florica. Cela, pour le premier acte d’une vie mouvante et autonome. Le recul pris sur le Temps ne me fait entrevoir la richesse indispensable de ces expériences éclectiques qu’en cet après-midi de Janvier 1989.

Faute d’argent et de compréhension de ma famille, je n’ai pu prétendre à une carrière musicale. L’idée d’une destinée littéraire déclarée ne m’a jamais attiré. Des contes, des nouvelles, des romans…cela me semble presque dérisoire (je suis capable de m’adonner à la prose pour l’avoir abordée à mes tout débuts littéraires). La poésie ? Je l’ai prise par tous ses charmes, par toutes ses formes : classique, néo-classique, aragonienne (absence de ponctuation avec enjambement de la rime), libérée conservatrice et libérée ultra. J’ai fait le tour de Dame Poésie et je me sens las, d’elle, mais surtout de tous les roquets de « poéteux » qui ne savent pas la caresser ; qui ne savent que baver sur ses atours.

L’édition me satisfait pour l’instant. Elle me permet l’éclectisme mais la sélection, l’accueil mais le tri, la générosité mais aussi la lucidité. Elle me permet l’artisanat, perfectible au fur et à mesure de mes expériences et de mes réalisations. Et, bien sûr, elle m’autorise à détecter qui est écrivain, poète ; et qui n’est que plumitif ou rimailleur d’occasion. La récompense de l’édition est de pouvoir communiquer avec des auteurs de toute région, et bientôt de tout pays. Des auteurs qui, eux, connaissent leur métier (et dont l’œuvre passe bien souvent les frontières).

Dole (Jura). 16h15 maintenant. Près du Pâquier. A côté du terrain de camping. Le canal est sur la droite. La basilique Notre-Dame, en face de moi sur la gauche. Dole n’aura jamais été pour moi qu’une ville natale trop prématurément quittée (je n’avais pas un an).

 

 Extrait de "CAHIER DU JOUR" - Journal

Collection Florica - 1990

Crédit photo : www.lettres.numeriques.be

BONNES FOURNÉES

 

Mon devoir d'état et d'étaler des mots sur la planche à Lettres ; d'une pâte étale et prête à s'enfourner pour la cuisson du Temps. Si la fournée est bâclée, rassis ou moisis apparaissent mes feuillets au bout de quelques décennies. Alors je jette en miettes aux oubliettes du nouveau Présent, ce qui fut coulé trop vite, au Passé, dans mes moules à vers ou bien à proses. Vu le nombre des pages à l'étable de mes e-books, j'estime à 1% la quantité des textes pour l'autodafé. Quant aux révisions, elles représentent la part de l'ablation des grains et des scories crues qui gâtaient la surface de certaines viennoiseries  et pains aux céréales rimés. J'avoue que, depuis bientôt sept années, mon devoir d'état – face à l'étal de mes spécialités-maison revisitées – est penché sur ma planche à Lettres que je passe au crible. Mais, pour un paresseux intellectuel, cette révision s'étire et s'éternise... Toutefois je barde ma conscience professionnelle à ne livrer que des produits finis aux sélectes consommateurs que vous êtes ; lectrices et lecteurs de maints horizons francophones. A l'heure, séante, il appert que 11 e-books attendent encore la relecture terminale. Cet état de latence me rappelle qu'un jour - dans trente ans, trois ans ou bien trois mois  - tous les livres pourraient disparaître. Mais conditionnelles demeurent les prophéties. Alors, je persiste à enfourner mes pains de mots, considérant presque mes écrits numériques comme passant dans le domaine public. L'intuition d'un CAMN (Cercle des Architectes du Monde Nouveau) me voit initier la gratuité de mes productions. Ayant reçu gratuitement je donne gratuitement. Quant aux utilisations frauduleuses de ce qui vient de ma plume ; je me décharge de toute responsabilité et n’en ai cure – sachant que, de nos jours hypothétiques quant à leur futur, l'on récolte quasiment tout de go ce que l'on sème. Plus que jamais le Karma réagit sans surseoir ; et moi je puis m'asseoir en ne doutant jamais de l'immanente justice réparatrice pour  qui l'on a lésé.

 

 

mister.new.world@gmail.com

 

MISERERE - Gregorio Allegri (Rome : 1582-1652)

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