CONFIDENCES A MES LECTEURS

Mon poste d'écriture à la Médiathèque Albert-Camus de Dole (ma ville natale dans le département du Jura, région de Bourgogne & Franche-Comté) Cliché : M°21/11/2018.

 

 

LE MONDE NOUVEAU DES AUTEURS NOUVEAUX

 

 

 

 

I – La vigne aux mots.

 

Au Printemps 1976 et pour deux années remplies à ras la bonde, par le hasard d'un emploi déclinant mais pas encore hagard, je suis transplanté à Marnoz (Jura) près de Salins-Les-Bains, pour un contrat  de caviste-vigneron. Formation bien évidemment sur le tas, puisque - hormis déboucher quelque nectar euphorisant et racé – j'ignore tout du domaine viticole. Mon employeur est un propriétaire-récoltant émancipé sur le vin blanc qu'il fait venir par citerne de Gaïac dans le Midi, une fois l'an pour le transformer en mousseux – d'ailleurs plus que fort honnête. Il possède deux bons hectares de Poulsard donnant un Côte du Jura local pour un enchantement pertinent du palais. Et tout cela s'entretient au motoculteur, à la bouille à injecter et au sécateur. Je reste le tâcheron de base et ne suis pas haussé aux honneurs de la taille et du liage. Le travail de cave consiste à tourner quotidiennement les milliers de bouteilles mises sur pointe afin d'en faire coller le dépôt à la base de la capsule provisoire ; ensuite de quoi chaque bouteille est dégorgée sur une machine en forme de tourniquet lui ajoutant une dose de sirop simple (sucre) si l'on veut en faire du mousseux demi-sec et doux. Je me mêle également de la vente aux particuliers de passage, en l'absence de mon employeur, quadragénaire célibataire bien portant de santé et d'enjouement.  Encore une ambiance économique et sociale des années de vaches grasses qui allaient décliner jusqu'à l'amaigrissement quart-mondiste.

Ce microcosme d'univers professionnel campagnard au bas du moyen-Jura , me nimbe l'esprit et la carcasse de brumes, pluies, soleil et petites neiges en pleine nature protectionniste et solitaire. Mon temps libre – assez large puisque je loge à même le domaine – me porte aux lectures de terroir : Bernard Clavel, romancier prolixe originaire du département ; André Besson, également jurassien et  régionaliste de conviction. Mais les contes et nouvelles bientôt m'envoûtent. D'Andersen à Gilbert Cesbron (« Traduit du Vent ») je découvre une veine de genres littéraires courts mais concentrés, voire ciselés. Jamais, toutefois, l'envie d'écrire ne m'avait interpelé auparavant. Là non plus, avec ces lectures inattendues. Il faut atteindre l’année suivante pour que je trouve, en maison de la Presse de Salins-les-Bains, un almanach régional : « Le Nouvel Almanach franc-comtois » édité par les éditions REPP de Lure (Haute-Saône). Alors, la facilité des textes proposés, leur embrun du terroir, leur destination et vocation populistes m'inspirent un tout premier conte : « La Farce de Miraut »...que j'envoie courant de l'an 1978 à l'éditeur de cet almanach qui l'accepte. Durant les trois années suivantes il me publiera – ou dans son Almanach, ou dans son anthologie annuelle des auteurs du Pays Comtois. Parmi les titres dont j'ai retrouvé trace et repris dans mon e-bookographie générale : « Le Noël de Pauvre-Vieux », « Vers Cinq heures à Chanecey », « La Petite Eclusière », « La seule Richesse », « Le Miracle du Bois mort », « La Vieille », « Tout feu, tout flamme ». Certaines de ces productions régionalistes ont été revues et améliorées avant leur diffusion numérique. Egalement, d'autres publications – hors Franche-Comté – les ont diffusées. On y accède par mon site allemand : www.nicolas-sylvain.jimdo.com Elles ne sont restituées en l’état de saisie d’origine que sous Word starter 2010. D’où la reprise de certaines sur mon site des pièces détachées dont le lien sera précisé dans le courant de la présente séquence.

Caviste-vigneron je me définissais, lorsque les mots sont venus m'interpeler dans les vignes. Je n'étais pas responsable, je plaide non coupable et je réfute à l'acte toute préméditation. J'écris instinctivement un premier texte que j'envoie à un éditeur qui l'accepte d'emblée. Toutefois la création de mon pseudonyme « Nicolas Sylvain» allait faire une première entrée contestataire, décapante, avec des provocations à la Gainsbourg – mais un Gainsbourg des emblavures ; jusqu'à sa disparition en 1995.

 

II – Le Roman Inachevé.

 

Je quittai le milieu des Lettres locales à la suite de la lecture – également fortuite – du Roman Inachevé de Louis Aragon. C'est la faute à ce Camarade monumental – et par sa vie et par son œuvre – si j'ai coulé du vers en stakhanoviste industrieux. Ce que j'ai conservé de la production poétique envoûtée de mes années 80 ne représente que la tête de l'iceberg... Mais le Temps karmique veillait sur ma plume activiste et forcenée ; programmant une rupture d'anévrisme à sa fougue poétique. Et 1995 tonna : arrêt de toute publication, dissolution de mon association Florica et disparition de mon pseudonyme « Nicolas sylvain ». Ce retrait provisoire préparait l'aube de la responsabilisation mondialiste altruiste.

 

III – L'heure du Net.

 

Mai 2006. Je possède une petite chambre mansardée à Chenôve, Côte d'Or, au dernier étage et sous les tuiles. Un matin j'y reçois une lettre provenant d'Amérique. Avec un beau timbre de collection. La scriptrice se nomme Teresinka Pereira.  Elle m'avise qu'elle a obtenu mon adresse postale par l'AVLP (Association Vaudoise de la Libre Pensée) de Lausanne (Suisse). Elle souhaite me recevoir dans son Association internationale d'écrivains et d'artistes : l'IWA (International Writers & Artists Association). Ma prime réaction est l'enchantement car la missive me provient d'une dame – et même d'une grande dame de la diffusion de la littérature humaniste internationale. Je n'avais jamais entendu parler d'elle mais lu parfois son nom. Ma seconde réaction est la prise de conscience de l'avis qu'elle me donne par ces mots : « Il y a longtemps que je ne fais plus imprimer de livres. Ouvre un site Internet et tu auras des lecteurs ! ». Souvent fort lent à prendre certaines décisions, j'attendis deux ans avant de me procurer un ordinateur portable et de m'offrir un premier site Internet. La transition entre le « Sylvain destitué de toute fonction littéraire en 1995 » et le retour du Sylvain numérique passait par la diffusion de 23 e-books...et l'action d'un premier Facebook à mon nom d'état-civil, victime dernièrement d'un couac fatal  très proche des 5000 contacts. L’actuel et récent Facebook - à mon pseudonyme - véhiculera donc fort aux lointains francophones cette séquence, encourageante et motivante pour les internautes doutant de leurs potentiels littéraires.

 

IV – 2009 : année exotique.

 

L'on doit considérer – pour mieux me suivre dans ces confessions – l'existence militante de mon plus gros défaut : la paresse intellectuelle qui, donc, va tempérer mon évolution sur les voies littéraires, jusqu'à mieux les cibler au profit de mes semblables. Or, depuis Octobre 1999, j'honorais le poste d'intendant au profit d'une résidence étudiante internationale de cent-treize studios à Dijon. Nouvel acte du Karma orienteur : l'apparition, au Printemps 2004, d'une Amélie de l'Yonne, étudiante en Lettres et qui me donne à relire sa thèse sur les Poètes de la Renaissance... Travail épais au travers duquel je ne débusquai la moindre faute d'orthographe. « Amélie, vous aurez une bonne note et je vous conseille d'écrire un jour ! ». La demoiselle obtint seize sur vingt. Depuis cette occasion réparatrice éclose au Clos-Morlot de Dijon, je me mis à la disposition de mes étudiantes de la mythique Résidence dans laquelle je m'illustrai en tant qu'Intendant énigmatique, mais internationaliste et communicatif libéral.

« 69 : année érotique ! » avouent et chantent Serge Gainsbourg et Jane Birkin ; moi je vécus l'année 2009 sous un exotisme torride qui – autre intervention didactique du Karma – devait sans préavis me révéler et dévoiler quelques richesses de l'Islam, dont Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux allait me gratifier par l'intervention d'Hayat et de Noujéiba. Je ne délierai pas non plus ici cette époque, révolutionnaire pour moi ; elle trône dans mon site danois dont le lien apparaîtra en fin de la présente séquence ; sous la forme d’une  « Lettre à Hayat » ainsi que d’une autre à Noujéiba (www.albert-marie.be)

Et c'est ainsi que j'orientai sur les Pays extra-européens mon aide bénévole aux étudiants, pour la relecture des mémoires, thèses, rapports de stages et écrits divers.

 

V – Monde nouveau pour auteurs nouveaux.

 

Le Monde nouveau, pour moi, sera la Terre après les changements radicaux inattendus qui renouvèleront sa face ; selon les prophéties crédibles de tous les siècles écoulés et les craintes pertinentes des scientifiques de réputation internationale. Je n'entrouvrirai pas ce redoutable chapitre, n'étant pas exégète en eschatologie. Je préfère endosser le pardessus ouaté du pragmatisme lucide, me préservant du catastrophisme par la conviction du libre-arbitre de l'Homme préparant son Futur par sa maîtrise de son Présent. Il appert donc pour moi que  prévoir et entrevoir préparent les lendemains nouveaux, aux antipodes des us et coutumes en phase terminale du monde mourant dont nous devons hâter l'agonie. Mon idée d’un CAMN (Cercle des Architectes du Monde Nouveau) initiée sur Facebook ébauche un tracé de réflexions. Socio-économiquement parlant, attendons-nous à la disparition de l'argent ; d'où l'apprentissage de l'échange dans toutes les nécessités de la vie. Visionnaire du monde littéraire de demain, j'ai pris une avance pratique en ne vendant plus rien (abandon des droits d'auteur – qu'opportunément je transmettrai à des tiers pour mes futurs écrits paraissant sur papier). J'ai reçu gratuitement, je partage gratuitement les fruits écrits de cette largesse divine. Le Net est bien évidemment mon acolyte opérationnel à vie. Ma seconde orientation dissout l'éventuel orgueil  que  je serais susceptible  d'enfler concernant la qualité – les qualités – effectives de mes écrits : le refus des distinctions quelles qu’elles soient. Par ailleurs, j'estimerais injuste et injurieux ces « hommages », en songeant aux génies de toutes les époques n'ayant rencontré, de leur vivant, qu'indifférence, ingratitude, voire hostilité de leurs semblables. Nous sommes arrivés sur terre sans rien d'autre que des potentialités dotées par Dieu. Nous ne pouvons rien créer sans son accord concrétisé par les dons opportuns venant de Lui. Enfin, fort d'une connaissance visionnaires des éventualités eschatologiques à venir très prochainement ; je garde la conviction tempérante que tous mes écrits disparaîtront un jour. Alors à quoi bon persister à écrire des « œuvres » périssables ? Outre que, pour moi, la prière est infiniment plus utile à l'Homme que toutes les réalisations matérielles ; je songe – plutôt que de me conforter dans une autosatisfaction littéraire – susciter un intérêt de l'écriture au  chœur de mes semblables. Et, pour ce faire, le dit philanthropique des deux frères Edmond et Jules de Goncourt, est devenu pour moi véritable banderole de syndicaliste à brandir dans bien de mes « descentes dans les rues du Net » :

« Tout homme est écrivain à partir du moment où il a quelque chose à dire ! »

Et, pour concrétiser le résultat de cette exhortation des fondateurs du Prix Goncourt, notre bienveillant larron Internet nous permet d'écrire, d'éditer et de diffuser sans bourse délier (ou bien en échange d’un coût raisonnable pour la connexion et le site) et cela, sans – non plus – demander de l'argent à quiconque !...

Les 430 visites reçues du 11 au 18 Novembre de cette année sur mon site danois www.albert-marie.be ainsi que les nombreux messages de lectrices et lecteurs francophones souhaitant de moi quelques confidences autobiographiques ; font que je produis aujourd'hui cette séquence, en la Médiathèque Albert-Camus de Dole, ma ville natale dans le Jura (région de Bourgogne & Franche-Comté). Cette intervention vous livre donc ma conception visionnaire du Monde nouveau littéraire que je prêche aux auteurs nouveaux.

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