AUTOUR DE MOTS D'ELSA TRIOLET

Poste de Communication bourguignon.

AUTOUR DE MOTS D'ELSA TRIOLET

 

 

« Mon sentier est parallèle au chemin de l'Histoire » écrivit Elsa Triolet. La compagne de celui qui fut le plus grand poète révolutionnaire de son temps : Louis Aragon. Ce « Maître » - avec une majuscule – grâce auquel la poésie m'accapara en 1979 après une lecture éblouie que je fis de son « Roman inachevé » ; et qui se battit avec acharnement pour que la poésie, chose sérieuse, soit l'affaire du peuple et non d'une élite. Son intervention subite dans ma vie expectative cadrait avec mon nouvel engagement politique au Parti Socialiste. Je découvris, grâce au « Fou d'Elsa » une littérature virile et utilitaire aux antipodes des cachous mous et des dentelles anaphrodisiaques des Lettres et guêtres crottées des emblavures. Ce fut pour moi le coup d'épée tranchant  le cordon débile ombilical qui m'asservissait au régionalisme bêlant de  chauvinisme pour office du tourisme. En cette année de « Rose au poing », je pressentis l'aveuglante évidence existentielle "qu'une œuvre ne peut être engagée que dans la mesure ou l'engagement est la chair et le sang de celui qui la crée » (Maïakowski). Certes, j'apprenais la nouvelle écriture poétique « aragonienne » (sans aucune ponctuation), mais déjà mes octosyllabes – assaisonnés de provocations à la Gainsbourg des emblavures – accusaient quelques nuages de poudre incendiaire qui m'acculèrent à une répression digne du « Vol au-dessus d'un Nid de Coucous » et de laquelle je fus extirpé grâce aux instances nationales d'un Ministre de l'Intérieur. Le temps ne m'octroie pas encore l'immunité suffisante pour en rédiger sans voile le déroulement ; mais ce n'en est que partie promise.

 

L'artiste doit suivre son chemin personnel, tel qu'il le sent intimement. L'une des raisons – avec l'influence de Sartre – pour laquelle je choisis un pseudonyme. « Nicolas Sylvain » ; Nicolas est un prénom d'hiver avec sa légende et l'adamantine féerie de la neige. Sylvain naît du radical latin « sylva » » - la forêt. Je souhaitai que ma vie fût nimbée de félicités hors du quotidien vulgaire, avec un souffle vert comme détourné jusqu'à moi par les ramures majestueuses des forêts.

 « Je suis entrée dans la lutte pour le livre français qui fait partie de la lutte générale pour le progrès ». Ces mots d'Elsa furent écrits vers 1948. L'informatique n'existait pas, ni non plus donc, Internet, encore moins avions-nous l'intuition prophétique des futurs livres numériques. Le livre-papier avait ses règles incontournables pour sa diffusion. Les éléments du succès et de l'échec  en dehors de sa qualité littéraire sont ainsi avancés par Elsa Triolet :

-les organismes de diffusion tels que Hachette et les autres messageries ;

-les libraires ;

-la publicité payée ;

-les critiques.

 

De 1977 à 2009, mon édition par le livre-papier ne m'a jamais mobilisé. Je suivais la routine des bulletins, revues, journaux, anthologies, autoédition émancipée avec légère intervention  dans la diffusion. Mon pragmatisme et mon détachement face aux recours aux grands éditeurs ne m'ont jamais poussé convulsivement à l'envoi de manuscrits. L'on me le reprochait : « enfin, avec ce que vous écrivez...C'est dommage pour tant de lecteurs potentiels !... » Non : je pressentais qu'il y avait quelque chose de caché derrière la porte à destination d'un avenir révolutionnaire de la diffusion littéraire. Je préférai correspondre avec certains personnages parisiens authentique de l'édition et de l'écriture poétique. Telles furent mes relations épistolaires avec Pierre Seghers et le professeur Jean Bernard. Mais j'aurais été d'accord avec Elsa Triolet, lors de mes années d'humilité expectative, si j'avais rencontré son point de vue suivant : « Qu'est-ce donc, le succès sinon le livre entre toutes les mains des larges masses , dans l'éphémère présent ? »

 

Et puis Mai 2006 m'offrit une printanière et fort inattendue lettre des USA. Elle contenait la clef de libération de cette humilité expectative dont j'avais fait discipline depuis près de trois  décennies. Une phrase. Un ordre amical : « Il y a longtemps que je ne fais plus imprimer de livres ; ouvre un site Internet et tu auras des lecteurs ! » Signé : Tersinka Pereira, Fondatrice-Présidente de l'IWA (International Writers & Artists Association, Ottawa Hills, Ohio, USA). La grande Dame de l'humanisme littéraire international me précisait que, parmi les personnalités qu'elles avaient accueillies, avait figuré le professeur Jean Bernard.

 

Douze années après « ma révolution américaine » mon cheptel littéraire compte 23 e-books, et sur un site allemand : www.nicolas-sylvain.jimdo.com

 

Mais pour rester dans le ton de « L'Ecrivain et le Livre », paru en 1948 sous la magistrale plume d'Elsa Triolet, je dois souligner – au profit des futurs auteurs numériques qui me liront – qu'Internet, par sa vélocité de diffusion, engage plus que jamais la responsabilité de l'écrivain. Avec le livre-papier, le chemin est long qui va de la rédaction à la diffusion. Il y l'écriture – aujourd'hui sur traitement de texte. Il y a les relectures, le tirage sur feuilles format A4, une dernière relecture avant l'envoi du manuscrit – ou « tapuscrit » -au potentiel éditeur. Lequel éditeur peut faire des remarques sur certains mots ou phrases qui détonnent. Enfin une ultime lecture des épreuves gravées par l'imprimeur. Avec l'écriture numérique, non seulement les éléments de succès du livre – énoncés plus haut par Elsa Triolet – n'ont plus autorité ; mais la diffusion est immédiate... D'où une prise de conscience accrue de l'auteur concernant sa responsabilité. Un texte rédigé à neuf heures du matin peut s'envoler moins d'une heure après en direction de pays plus que lointains... Or, ce qui est numériquement écrit sur Internet sera véhiculé -combien de fois ? - par cette voie  quasi-miraculeuse pour sa force de diffusion...

 

Mes nouvelles donnes éthiques concernant le fougueux et véloce e-book. I) J'apprends à penser longtemps au ton et aux termes d'un texte avant diffusion directe sur Internet. « Camarade » au sens pur de l'humanisme littéraire au profit de mon prochain, j'aime à préciser,  aux repreneurs immanquables  de mes écrits numériques, l'offre suivante : Bonsoir, Ami(e)s des Lettres ! Conformément à mon libéralisme en matière de diffusion, je vous autorise à reproduire mes textes et photographies sur tous supports à votre convenance ; gratuitement et simplement en me rendant compte de vos emprunts. Je demeure cordialement dévoué à votre Pays. II) Je ne vends donc plus aucun écrit. Mes e-books sont gratuitement accessibles sur mon site allemand ; et des extraits sur 123be : www.albert-marie.be III) La protection de ces écrits numériques est assurée par  ces mentions légales : Les publications numériques en ligne ou téléchargeables sont soumises au dépôt légal, selon le Code du patrimoine (art. L131-2, L132-2, L132-2-1 et R132-23-1). Cependant, à ce jour, il n'y a pas de dépôt à l'unité, leur collecte passe par le site web qui les diffuse. Ma demande de collecte de site web a bien été reçue par le service du Dépôt légal numérique de la Bibliothèque nationale de France. Comme mon site répond aux critères juridiques du dépôt légal de la BnF, il y est archivé. Je puis donc faire  valoir un « droit d'auteur » tacite à qui s'appropriera indûment la paternité de mes écrits.

 

Irréfutable pas de géant sur les voies d'un Monde nouveau : la gratuité de la chose écrite offerte en un clic aux yeux des masses lectrices – pour moi francophones.

Lundi 10 Décembre 2018

Elsa Triolet, née Ella Yourevna Kagan (russe : Элла Юрьевна Каган) le 12 septembre 1896 à Moscou et morte le 16 juin 1970 à Saint-Arnoult-en-Yvelines, est une femme de lettres et résistante française d'origine russe, née de parents juifs. Elle est également connue sous le pseudonyme de Laurent Daniel. Elle est la sœur de Lili Brik et la compagne de Louis Aragon.
Independent diffusion author since 1977 (tales, short story, tests, poetry, theatre) Nicolas SYLVAIN received 430 visits on his Danish site, from November 11th to November 18th.