SCENE UNIQUE EN UN SEUL ACTE

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UNIQUE SCÈNE EN UN SEUL ACTE

 

Rencontre, étudiante, avec le théâtre de la Vie.

 

A Imène Mira

 

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Personnages :

 

Achref.

Amina.

Voix Off.

 

 

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La scène représente une salle de classe de laquelle est absent le professeur de français. Y sont assis les deux acteurs. La Voix off est entièrement dissimulée. Il faut que, où que  soit caché cet acteur, sa voix porte. Paradoxalement c’est lui qui a le rôle principal, mais on ne le voit pas – il n’est donc pas contraint d’apprendre son texte, puisqu’il peut le dire en le lisant….

Ne pas oublier que le théâtre est aussi l’action ; les comédiens doivent être gestuels et mouvants – ne pas toujours rester à leur place.

Pour le cas où cette courte pièce serait jouée en privé dans une authentique salle de cours avec des élèves ; il conviendrait qu’ils prennent place au fond de la classe, en laissant libre – pour la scène – le bureau du professeur, le tableau et des pupitres vides pour l’évolution des acteurs.

L’indication (un temps) signifie un silence de trois secondes.

Certains mots des extraits de poésie cités ont reçu la calligraphie syllabique, ex : « Vous ê-tes de la chair à tout faire :  u-ne sorte », de façon à ce que la diction des deux syllabes soit correcte (afin de ne pas raccourcir les douze pieds de l’alexandrin).

 

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Achref se lève, s’avance et se place devant le bureau du professeur absent, face tournée vers la classe dans laquelle ne reste, assise, qu’une de ses camarades.

 

ACHREF, soucieux : notre professeur nous somme de recourir au théâtre et de nous exprimer par ce moyen…

AMINA, lui coupant la parole : non, elle ne nous y oblige pas. Elle nous demande de réfléchir à la possibilité de nous exprimer grâce à une pièce de théâtre.

ACHREF :  oui, bien sûr, mais…

AMINA :  regardons dans le dicitonnaire ! Elle ouvre un dictionnaire sur son bureau et lit : «  Théâtre : art visant à représenter devant un public des êtres humains agissant et parlant ».

ACHREF, avec une moue d’insatisfaction :  un peu vague, la définition (un temps) A mon avis. Elle…

VOIX OFF, qui l’interrompt brusquement à voix forte et réjouie en faisant traîner le mot :  le théââââtre ! (un temps)

AMINA se retourne vivement et regarde au fond de la classe : qui a parlé ?

ACHREF, facétieux : sans doute un espion du nouvelle ordre mondialiste !..

VOIX OFF, à grosse voix mais pas fâchée : non ! (un temps) Suprême injure, jeune homme, que vous me décochez là (un temps) Je suis la voix off. La voix off est un procédé narratif utilisé dans le domaine audiovisuel, consistant à faire intervenir une voix qui n'appartient pas à la scène. C’est pourquoi vous ne me voyez pas. Je suis caché. Raison pour laquelle je n’apparais pas sur scène. Mais, attention, je n’ai rien à voir avec le souffleur – embusqué dans une fosse devant la scène et face aux comédiens, pour leur souffler les mots dont ils ne se rappellent plus !

AMINA, rassurée : ah bon !

ACHREF, inspiré :  Dis-nous, Voix off, exceptionnellement, peux-tu nous guider dans l’élaboration de ce projet ? Car le théâtre…

VOIX OFF,  lui coupant la parole : Le théâtre est un genre littéraire particulier qui concilie à la fois littérature et spectacle, avec des cas limites puisque certaines pièces ont été destinées à la lecture, par exemple Spectacle dans un fauteuil d'Alfred de Musset.

AMINA : mais encore ?

VOIX OFF : Le mot théâtre garde la marque de sa racine grecque qui signifie « regarder », et se définit par le fait de « montrer » un monde de conventions dans lequel des comédiens interprètent des personnages, et prêtent leurs voix et leurs gestes pour donner vie à un texte.  Et cela, face à un public.

ACHREF : et la structure théorique d’une pièce de théâtre ?

VOIX OFF : une pièce est composée d’actes et de scènes.

AMINA : et quelles sont les définitions précises de ces deux temps ?

VOIX OFF : tout d’abord, l’acte qui est la subdivision principale d’une pièce. C’est la partie d’un ouvrage dramatique séparée de la suivante par un entracte, ou intervalle, pendant lequel la scène est soit vide, soit remplie par un intermède étranger à l’action représentée. Un acte se caractérise par une unité de temps et, en général, par une unité de lieu. Un changement d’acte permet souvent à l’auteur de procéder à une ellipse temporelle ou à un changement de lieu, et donc de faire progresser l’intrigue.

AMINA : et la scène ?

VOIX OFF : Chaque acte peut être lui-même subdivisé en scènes. Le passage d’une scène à l’autre correspond, en général, à l’entrée ou à la sortie d’un personnage.

ACHREF : ce théâtre n’est-il pas tombé en désuétude, de nos jours ?

VOIX OFF : Oh ! Que non. Regardons du côté de la France ; au début des années 60 est apparue à la télévision (l’ORTF) une soirée hebdomadaire nommée : « Au Théâtre ce Soir ». Sans doute le plus grand succès populaire du petit écran français pendant deux décennies. A tel point que toutes les pièces ainsi télévisées reparaissent de nos jours en DVD !

AMINA : et notre théâtre algérien ? Que peux-tu nous en apprendre ?

VOIX OFF : Le théâtre algérien a débuté dans les premières années du XXe siècle. Il existe en Algérie comme dans le reste du monde arabe, des formes d'expression théâtralisées, telles celles des conteurs dans les spectacles de Khalqa, ou des Meddhas. S'y ajoutent d'autre formes, telles que les sketches joués à l'occasion de pèlerinages, ou le théâtre d'ombres. Toutefois, le débat a fait rage entre spécialistes pour savoir si ces formes avaient influencé, ou pas, le théâtre, certains y voyant une forme de proto-théâtre, tandis que les autres reprochaient aux premiers une vision occidentalo-centrée, quand ce n'était pas une forme de racisme. Toujours est-il que parmi les dramaturges les plus connus, deux au moins, Abdelkader Alloula et Kateb Yacine, ont explicitement indiqué vouloir intégrer Halqa et Meddha dans leur œuvre. Quant aux pionniers algériens Allalou et Rachid Ksentini, qui ont réussi à populariser la forme classique occidentale - en arabe dialectal après les échecs des représentations existantes en arabe littéraire - ils ont largement recouru aux techniques des conteurs traditionnels.

ACHREF : des Grecs à nos contemporains, pas une seule époque sans théâtre ?

VOIX OFF : eh ! Que non. Parce que le théâtre dépasse son cadre d’expression littéraire et scénique. Songez à William Shakespeare constatant : « Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles. » Victor Hugo, lui, est visionnaire dans son appréciation : « Une pièce de théâtre, c’est quelqu’un. C’est une voix qui parle, c’est un esprit qui éclaire, c’est une conscience qui avertit ». Quant au Roumain Eugène Ionesco, il a plutôt une approche de metteur en scène : "Tout est langage au théâtre, les mots, les gestes, les objets. Il n’y a pas que la parole ».

AMINA  reconnaissante : oh ! Que cela est inespéré : cette découverte d’un mode scénique littéraire que l’on n’enseigne pas forcément dans les lycées.

VOIX OFF : il y a théâtre chaque fois qu’un homme vit sa vie ostensiblement devant un public…

AMINA, conquise : ah : Je veux noter cette phrase au tableau.

Elle se rend au tableau et s’apprête à écrire.

AMINA : Voix Off, peux-tu nous répéter cela, afin que je l’écrive pour tous ?

VOIX OFF : Il y a théâtre (un temps) chaque fois qu’un homme (un temps) vit sa vie ostensiblement (un temps) devant un public.

ACHREF, malicieux : alors, par exemple, la politique est une comédie ?

VOIX OFF, affirmatif : trop souvent délibérément !

AMINA, interrogative : et quant au religieux célébrant un office dans une quelconque religion ?

VOIX OFF, déférent : oui, également il y a théâtre, mais théâtre sacré (un temps) et Dieu se trouve parmi les spectateurs.

AMINA, convaincue : finalement, la vie est très souvent du théâtre.

VOIX OFF : chaque fois qu’un homme se donne en spectacle à ses semblables.

Amina retourne s’asseoir à sa place. Achref se met à marcher très lentement en amorçant un tour de la classe.

ACHREF : l’auteur dramatique n’invente rien, dans ses pièces de théâtre. Il ne fait que transposer sur scène, aux yeux de tous, des séquences de la vie quotidienne sans témoins.

AMINA : déductive : sans doute est-ce la raison pour laquelle on appelle « auteur dramatique » un écrivain de pièces pour le théâtre ? La vie, hélas, étant faite par l’homme de plus de drames que de réjouissances.

VOIX OFF, ravi : bien auguré !

Achref s’arrête à côté du pupitre de l’un de ses camarades, la main portée au front il semble réfléchir à voix haute.

ACHREF : reste à savoir quand, dans la vie, l’homme est sincère avec lui-même et avec les autres, ou quand il se joue la comédie et la joue à ses semblables ?

VOIX OFF, amusé : c’est pourquoi j’en reviens aux politiciens…

AMINA : voter serait donc garantir sa place pour assister à la comédie d’acteurs amateurs sur la scène de leurs intérêts ?

VOIX OFF : dans le plus mauvais cas ; c’est un peu trop souvent cela !

AMINA : et nous, alors ?

VOIX OFF, catégorique : vous êtes aussi des comédiens, chaque fois que vous vivez pour être vus et entendus du plus grand nombre…

AMINA, avec tristesse : ah !

VOIX OFF : mais dans ce cas, vous n’êtes toutefois que simplement des amateurs.

ACHREF, qui reprend sa marche lente : eh oui !

AMINA : et pour être professionnel de ce théâtre, il faut jouer la vie écrite par un auteur.

VOIX OFF : indubitablement !

AMINA, qui se lève alors qu’Achref va s’asseoir à son pupitre : l’affaire est grave !

ACHREF : elle nous laisse à déduire  que, tantôt dans la vie, nous vivons cette vie ou bien nous la jouons pour attirer sur nous l’attention ou l’approbation des autres.

VOIX OFF : triomphant : eh ! Vous comprenez ; c’est magnifique !

AMINA, se dirigeant vers le tableau : la vie n’est qu’un vaste théâtre (un temps), elle écrit sur le tableau « la scène » : mystère du théâtre (un temps) Ce que nous voyons sur la scène est-il réel ? (un temps), elle écrit : « les personnages » : les personnages savent-ils qu’ils ne sont pas vrais ? (un temps), elle écrit : « public » : et si, dans la vie, nous nous comportions comme des comédiens conscients de ce qu’on les regarde ? (un temps) Car, faire du théâtre signifie être conscient de la présence vivante d’un public.

VOIX OFF : bonnes réflexions ! Encore une considération technique et éthique : au cinéma, à la télévision – pour les films - nous voyons des spectacles figés dans le  temps ; des productions numériques en conserves. Sur la scène, chaque mouvement, chaque geste, toute émission de voix ont lieu simultanément à l’instant présent.

Amina va s’asseoir à sa place. Achref se lève et va lentement au tableau et efface ce qu’a écrit Amina.

ACHREF : pour rester dans  le langage du théâtre, je pourrais dire « fin du premier acte ! ». Mais notre professeur nous a suggéré un seul acte pour découvrir le théâtre et nous exprimer par ce moyen.

AMINA : en tenant compte du fait que nous aurons un public et (un temps) cela je l’avais oublié, il convient que le plus possible de nos camarades participent à cette pièce.

ACHREF : et qui va l’écrire ?

AMINA, timidement : j’aime rédiger des textes d’imagination, mais je n’ai lu que très peu de théâtre…Et d’après ce que nous a révélé Voix Off, l’écriture dramatique a des règles…

ACHREF : se passant la main sur l’estomac : pour moi aussi, ça va, l’expression écrite mais (un temps) c’est mon orthographe que je  digère mal…

VOIX OFF, conciliant : et la Commedia dell’ Arte ! Avez-vous pensé à la Commedia dell’ Arte ?

AMINA, haussant les sourcils, illuminée : Ah oui !

ACHREF : faisant une moue dubitative : Oh non !

VOIX OFF : je veux dire, vous pouvez vous inspirer de la Commedia dell’ Arte. Rappelons que La commedia dell'arte est un genre de théâtre populaire italien où des acteurs masqués improvisent des comédies marquées par la naïveté, la ruse et l'ingéniosité. Ce genre est apparu avec les premières troupes de comédie avec masques, en 1528. Dans le cas présent, vos camarades qui le désirent interviendront, c’est-à-dire improviseront leurs propres réponses aux sujets que vous proposerez (un temps) Toi, Achreb, tu resteras le modérateur – le meneur du jeu – et toi, Amina, tu continues à lui donner la réplique. Vous n’avez qu’à noter les questions que vous souhaitez poser à vos camarades qui, non masqués, soigneront leurs réponses en n’oubliant pas qu’ils font du théâtre.

AMINA : c’est une alternative conviviale !

ACHREF : oui, et pas besoin de débiter des tirades de professionnels ! « Tout homme est écrivain à partir du moment où il a quelque chose à dire » -nous assurent les frères Jules et Edmond de Goncourt. Cette assertion convient tout-à-fait à l’acteur.

Achref retourne s’asseoir. Amina se lève et se dirige vers le tableau, cependant que Voix Off constate :

VOIX OFF : avec un peu de pratique et d’assurance de votre part, je suis certain que vous pourriez vous honorer – tant pour l’écriture du théâtre que dans son jeu.

AMINA, prend une craie, écrit : I – l’immigration, 2 – le chômage, 3 – le terrorisme, 4 – l’enseignement que nous recevons, notre manière de le recevoir, et les diplômes…

VOIX OFF, qui l’interrompt : je vous propose de traiter le sujet du terrorisme en première instance, afin de vous débarrasser de cette noire actualité. D’ailleurs, je vous livre sans circonvolutions mon point de vue (un temps).

 

 Nous savons

-nous les êtres éveillés-

Que l’Islam et les Islamistes

Ne sont pas décideurs des terreurs terroristes

-à commencer par les tours de New-York un certain 11 Septembre –

Mais le nouvel ordre mondialiste

Et qui s’offre à prix d’or des mercenaires

                   damnés

Pour fomenter racisme et  guerres civiles

                    à travers tout le monde entier,

Accusant les pays du Maghreb…

Le nouvel ordre mondialiste veut décimer la Terre

Afin de mieux la contrôler (un temps)

Lors ces vers de Louis Aragon semblent écrits pour nous :

« Vous ê-tes de la chair à tout faire :  u-ne sorte

De matériel courant de bri-que bon marché.

Avec vous pas besoin d’y aller de main morte

Vous ê-tes ce manger que les corbeaux emportent

Et vos rê-ves les loups n’en font qu’u-ne bouchée. » * (un temps)

 

ACHREF : et les médias du grand capital aux botes des sbires du nouvel ordre mondialiste, pour une désinformation planétaire ! (un temps) oui : passons !

AMINA : Voix Off a raison ; n’épiloguons sur un sujet pour lequel nous ne connaissons pas toutes les implications, elle efface au tableau le mot « terrorisme ».

ACHREF, qui va s’asseoir au bureau du professeur, cependant qu’Amina s’assied à un pupitre proche du tableau : voyons le premier sujet : l’immigration…

VOIX OFF, intervenant immédiatement après le mot « immigration » :

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou com-me celui- là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le res-te de son âge ! » (un temps) Ces vers célèbres du poète français  Joachim du Bellay (16° siècle) peuvent servir de modérateur dans vos idées de jeunes songeant impétueusement à quitter votre Pays pour un prétendu paradis européen ou bien américain…

ACHREF, soupirant : toujours le pouvoir d’intoxication des médias faisant miroiter les attraits de la société de consommation occidentale…

AMINA, affirmative : je souscris au constat d’Achref. D’ailleurs, mon père, a rédigé une étude récente sur l’inanité de ces pseudo-paradis, européens ou américains,  passant pour octroyer un bonheur matériel immédiat aux exilés.

VOIX OFF : déjà, voici plus de vingt ans, des Roumains sont arrivés en France. Ils ont dû camper dans une décharge publique de la région parisienne et (un temps) y être finalement expulsés…

AMINA : oui, avec 1000 € mensuels en Algérie, l’on vit royalement, mais la même somme en France reste insuffisante pour la vie quotidienne d’une famille entière.

VOIX OFF : ces considérations socio-économiques ne doivent toutefois pas vous diaboliser la partance dans un pays dit « étranger ». C’est à dessein que je vous cite Du Bellay, en soulignant les mots : « qui a fait un beau voyage…ou conquis la toison…et puis est retourné….vivre entre ses parents le reste de son âge… »

ACHREF : le racisme prend également sa source dans la peur de manquer, si le pays accueille les étrangers. Or la violence procède principalement de la peur.

VOIX OFF : alors il faut que le Pays dans lequel vous émigrez ait besoin de vous…qu’il vous reconnaisse comme utile à ses habitants…

AMINA : déjà, sur le plan de la moralité et de la spiritualité, nous pouvons être un exemple aux yeux des habitants d’un pays qui nous accepte.

ACHREF : vivre loin de l’homosexualité et du mariage homosexuel, de l’avortement, de l’euthanasie, de l’alcoolisme, de l’apostasie ; être parent de nombreux enfants (un temps) c’est bien évidemment un bon exemple pour la survie de l’âme du Pays dans lequel nous émigrons !

AMINA : et cela sans prosélytisme, sans prêche, uniquement par l’exemple silencieux.

VOIX OFF : mais Dieu vous a donné des racines (un temps) et la conclusion de du Bellay le sous-entend : « Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le res-te de son âge ! » 

ACHREF  en résumé : satisfaire nos envies de partance, être utile au Pays qui nous accueille –donc, tacitement, honorer l’Algérie - et puis revenir sur la terre de nos racines ?

VOIX OFF : c’est la solution pragmatique pour qui veut rester en accord avec la sagesse divine…

AMINA : satisfaire notre désir de partance, être utiles à l’Humanité, ne pas renier notre Pays si on le quitte (un temps) c’est effectivement une sage alternative pour qui veut partir ; mais l’idéal - et l’équilibre du bonheur âme et corps – est tout de même de rester dans son Pays et de concourir à son évolution !

VOIX OFF : je vous citerai l’exemple magnifique d’un natif d’Aïn Temouchen, avocat, écrivain, penseur et homme politique ; il fut un temps maire-adjoint de Jérusalem et (un temps) traducteur, en français, de la Bible et du Coran : André Chouraqui. Certes, il n’a pu revenir terminer ses jours en Algérie, mais quel exemple d’utilité à l’humanité n’-a t-il pas donné ?  

AMINA : cet homme était missionné par Dieu. Et tout lui a réussi. « Dieu me suffit. Il n’y a de Dieu que Lui. A Lui je m’en remets : Il est le Seigneur du trône immense ! » Si nous sommes bardés de cet acte de foi, la Terre entière peut nous ouvrir ses frontières.

ACHREF, se levant de son bureau et se dirigeant vers le tableau : effaçons ce deuxième point. Il montre du doigt la ligne 4 – l’enseignement que nous recevons, notre manière de le recevoir, et les diplômes… Pour cette rubrique – cette incontournable condition- je la vois jumelle avec celle-ci, il montre du doigt ligne 2 – le chômage. Attendu que dans certains pays bientôt il faudra être titulaire d’une licence de salubrité public pour être habilité à ramasser les poubelles ; je ne crois pas indispensable d’insister sur cette réalité cruciale : l’enseignement que nous recevons est la condition sine qua non à notre très future statut socio-professionnel. Et je reconnais –pour moi comme pour vous et devant vous- que les cours de français sont le fer de lance de notre réussite, pour le cas où nous souhaiterions nous révéler fort utiles à la France, cette douce France qui a souvent donné le La au reste du Monde, dans le domaine des Lettres !

VOIX OFF : La France ! Elle fut notre ennemie –par la faute de politiciens mégalomanes à l’opposé de l’Amour de Dieu – mais l’abolition progressive des frontières doit vous porter à l’aube du Monde nouveau. Ce monde nouveau depuis toujours voulu par Dieu, pour qui le temps n’existe pas. La véritable Vie ne peut s’épanouir, et se donner, que sous le regard de Dieu et de Ses volontés. « Au nom de Dieu, rien au Ciel ni sur terre ne peut nuire à celui qui invoque Son Nom ; Il est Celui qui entend et voit tout ». Que votre décision de Vie Lui soit dédiée, nette, déterminée, sans compromissions, au service de vos semblables et sans frontière…en une scène unique et d’un seul acte !

 

Rideau.

 

(A la seconde levée de rideau pour le salut des acteurs au public, Voix off est bien évidemment à leurs côtés.)

 

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*Louis Aragon

(« La beauté du diable » in « Le Roman Inachevé »

nrf Poésie / Gallimard – page 23)

 

21 e-book sur : www.nicolas-sylvain.jimdo.com

 

Théâtre romain de Besançon.