HARO SUR LE FALLOIR !

Canal de Samerey

HARO SUR LE FALLOIR !

 

 

Je n’aime pas ce qui est sonné ;

Les cloches qui sonnent, la messe qui sonne.

Notez qu’avant le grand saccage de l’Eglise catholique

-la furie vaticandeuse-

Les cloches d’alors sonnaient pour de vraies messes

Et d’authentiques

                Kyrie eleison !

Je n’aime pas ce qui est forcé.

Faut prier Dieu, faut dire bonjour,

Il faut bien vivre et bien mourir !

Ah ! Que de « faut » avant la faux de la Camarde !

A bas les « faut ! ».

Je suis un anti-fautiste.

Je veux un Dieu sans « faut ! » et sans sa faux.

Je veux un jour sans « faut ! »

                enfin quoi un jour bon.

Je ne veux être à la merci

                que du bon silence.

 

Quant à vivre

                pourquoi me faudrait-il m’y forcer ?

Je sais très bien faire ça tout seul !

Quant à « faut bien mourir !... »

D’accord, d’accord, mais « faisez donc ! »

                mais passez donc,

                tiens : je vous cède mon tour !

D’ailleurs écoutons un peu :

Ce qui sonne, sonne souvent faux,

Ce qu’il faut sonner sonne encore plus souvent plus faux.

Mais de là à dire qu’il faut vraiment du faux,

Ce n’est pas viscéralement indispensable…

Alors s’il faut à tout prix sonner le faux :

Sonnez le donc en sourdine !

Notez bien toutefois que

                je n’ai jamais dit que le dimanche matin

                l’on sonnait pour un faux dieu.

Non,

Dieu existe, après tout,

                et il est sonné avec de vraies cloches en tout cas.

Ce sont les pratiquants qui sonnent trop souvent faux.

Mais qui donc leur avait demandé de sonner ?

Personne !

Pourtant ils sonnent, sonnent et re-sonnent

                avec leurs belles voitures,

                avec leurs belles fourrures,

                avec leurs belles allures.

Ils sonnent même de la quête.

                surtout de la quête.

Ah ! Vous êtes déçus ?

Vous m’attendiez au tournant,

Vous attendiez que j’écrive :

« Faut pas d’voitures, faut pas d’fourrures, faut pas d’allures

  et faut pas d’quête ! »

En disant cela j’aurais fauté

Or, je suis logique :

Je n’aime pas ce qui est sonné,

Et  n’aime pas ce qui est fauté.

Vous direz ce que vous voudrez :

Faut ce qu’il faut !

(Nicolas SYLVAIN, pseudonye de Albert-Marie Guye depuis 1977)

Canal de Samerey (Côte d’Or) Printemps 1987.

Poème lu par l’auteur au micro de Radio-Campus Dijon la même année.

 

 

 

Commentaires de cette page,

trente ans après sa rédaction.

 

Quelle intuition me fut donnée là, le long de ce canal de Samerey, en Côte d'Or, par un dimanche matin buissonnier de Mai 1987 ! Matin buissonnier d'une pratique religieuse machinale héritée d'un conformisme dépourvu d'enthousiasme de l'âme. Mais, compte tenu des premiers balbutiements de ma contestation néophyte, cette prise de conscience dominicale n'accoucha point d'une évolution-révolution en matière de « spiritualité » - mot que je ne fréquentais pas encore, embrigadé que je demeurais par les slogans-sophismes des  boutiquiers de la religion catholique. Il fallait que les eaux placides de ce canal bourguignon stagnassent longtemps sous mes regards obtus ; pour que je démine ce « falloir » grâce aux lectures salvatrices impromptues, que la Providence divine, sans étiquette, me plaça sous les yeux à tête chercheuse dans les eaux de la métaphysique.

Dijon – Printemps 2004. Découvrant les allées enrichies de livres de la FNAC, je tombe en arrêt devant un livre – format de poche – au titre oxygénant : « Une Bouffée d'ermite », relatant les propos non-dogmatiques et a-doctrinaux d'un certain Frère Antoine dont j'ignorais pieusement l'existence. J'ingérai, sans eau de bénitier surie, ce catéchisme d'une révélation démocratique décalotinante. Je le relus et le relus jusqu'à en devenir repu ; et je l'offris à quelques lectrices accortes auxquelles je souhaitai fort une âme en mini-jupe. Grâce aux cavales d'Amazon je retrouvai ce livre dans le format de sa prime édition. C'est de cette livraison que j'isole  un extrait curatif sans effets secondaires :

« L'abomination de la désolation dans le lieu saint, c'est quoi ? C'est quand un homme croit que pour se sauver, faire son salut, il doit sortir de chez lui, aller chercher son manteau, son parapluie... Quand arriveront ces choses – la panique universelle ou personnelle – si on est sur la terrasse, il ne faut pas, dit Jésus, descendre à la maison pour y chercher un protège-peau. L'abomination de la désolation, c'est de croire qu'on n'a pas tout en soi pour faire son salut et qu'on doive recourir à des intermédiaires pas plus sauvés que soi. Le conseil est clair. Il n'y a pas à bouger. Il ne manque rien là où l'on est. La catastrophe est bien nécessaire. Elle oblige à s'attraper soi-même, sans rien attendre du dehors. C'est le sauve-qui-peut christique. C'est trouver le royaume des Cieux au-dedans de soi et non parmi nous. Le « parmi nous » peut convenir en dehors de la panique. Rien de plus utile que la panique pour faire comprendre à un homme que l'abomination de la désolation était en train de lui squatter son profond chez soi. » (« Une Bouffée d'Ermite » - Frère Antoine – La Table ronde – 1992 – page 273)

Vous direz ce que vous voudrez, quel coup de pied occulte aux quêtes des mercenaires de la foi ! Et puis, dix autres années réformantes plus haut, c'est un autre livre de ce sulfureux mais oxygénant Frère Antoine que je reçois, toujours d'Amazon :  « Le Paradis c'est ici ! » Le décalotinage frappe encore plus net dans les parties des clercs boutiquiers :

« Les fonctionnaires de Dieu que sont les prêtres ont deux rôles. Le premier est celui d'intermédiaire entre Dieu et les êtres encombrés qui souhaitent de temps en temps une rencontre avec Lui. Les sacrements sont des instruments de cette rencontre. Leur seconde fonction, que Jésus blâme dans l'Evangile, est d'empêcher les enfants de grimper sur ses genoux pour chaparder des bisous gratuits. Qui sont ces galopins ? Ce sont les ermites de mon espèce, qui ne font pas de manières pour aller à Dieu en direct, à la barbe des intermédiaires. ( …/...) Expliquons-nous : la rencontre avec Dieu peut être intermittente, ou « ermitante ». La première est vécue par des pratiquants encore encombrés, qui font une brèche dans leur encombrement pour rencontrer Dieu de temps à autre. La seconde rencontre, « l'ermitante », est destinée aux ermites dont le seul encombrement est Dieu. » (Le Paradis c'est ici ! «  - Frère Antoine – Presse du Châtelet – 2006, page 100).

Et cette analyse corrobore l'incitation du Christ à voir l'homme se créer un temple intérieur – pour les temps proches où il n'existera plus ni églises, ni mosquées, ni synagogues, ni temples.

Pour clore en apothéose convaincante cette exhortation à démolir le « falloir » dans toutes les idées reçues canonisées par l'actuelle pensée unique inique ; je cite la page d'un site spiritualistement décapant, que je ne recherchais pas non plus mais, que la Providence divine a placé sous les entrechats de ma souris numérique :

 

ILS ONT PEUR DE VOUS PARCE QUE VOUS ETES (FORT)E

 

Peut-être ont-ils peur de vous parce que vous êtes trop honnête, à une époque où les gens sont généralement attirés par les amateurs et les manipulateurs aux tendances à mieux faire résonner le mensonge que le vérité ? Peut-être que votre vérité est trop amère pour ceux qui ne veulent pas avoir un arrière-goût de votre Soi authentique ; pour ceux qui veulent le beurre et l'argent du beurre sans chercher à faire des concessions ? Ils pourraient se sentir menacés par vous parce que vous savez exactement ce que vous voulez dans la vie ; pendant que beaucoup se sentent perdus dans leur recherche. Ils pourraient être si submergés par leurs insécurités qu'ils rejettent tous ceux qui avancent sur leur propre chemin. Pis encore, ils pourraient être simplement habitués à être en compagnie de personnes qui ne sont pas sûres d'elles et qui n'ont pas la moindre idée de qui elles sont réellement. Peut-être n'ont-ils peur de vous que parce que vous ne voulez pas prendre part à leur petits jeux où tout le monde est si obsédé par le fait de gagner, et où ceux qui refusent d'y participer sont considérés comme des perdants ? Dans ce cas, vous êtes probablement entouré de gens qui sont devenus des experts à ce petit jeu, qu'ils ne veulent pas revenir en arrière et tenter de nouveau parce que cela signifierait qu'ils se retrouvent à la ligne de départ ? Ils pourraient avoir peur parce que vous dites des choses qu'ils ne veulent pas entendre, et cela est tout-à-fait logique étant donné qu'ils sont si habitués aux mensonges auxquels ils sont conditionnés depuis si longtemps. Ces gens  croient en l'image qu'ils ont créée eux-mêmes, et ne voient pas ce qu'ils sont en réalité. Peut-être que vos mots leur semblent si étrangers qu'ils ne les comprennent tout simplement pas, ou qu'ils ne vous croient pas ? Peut-être que vous les effrayez parce que vous prêtez attention. Vous n'oubliez pas ce qu'ils ont dit quand ils étaient en colère ou vulnérables, vous êtes attentif à l'expression de leur regard, à leur langage corporel, à leurs  gestes et au ton de leur voix. Peut-être n'ont-ils pas l'habitude d'être entendus ou vus pour ce qu'ils sont, et que votre attention les rend mal à l'aise car cela signifie qu'ils doivent laisser tomber leur masque ? Peut-être ont-ils peur de vous parce que vous êtes conscient de leurs craintes, bien que vous ne fassiez pas pour autant preuve d'une prudence excessive ? Peut-être êtes-vous insouciant de votre cœur et de vos sentiments, et qu'ils ne parviennent pas à faire face à leurs propres sentiments, et cela les perturbe ? Ils n'arrivent pas réellement à gérer toute la réalité qui pourrait affecter leur routine. Peut-être que votre fréquence cardiaque est un peu plus rapide que la leur et qu'ils n'arrivent pas à vous suivre ? Peut-être ont-ils peur de vous parce que vous n'avez pas beosin d'eux, parce qu'ils savent que vous pouvez survivre sans eux, parce qu'ils savent que vous ne les attendez pas, parce qu'ils savent que vous vous battrez pour vos propres droits, parce qu'ils savent que vous ne serez pas qu'un autre numéro dans leur annuaire téléphonique ? Peut-être ont-ils peur de vous parce que vous vous aimez, parce que vous êtes assez fort pour lâcher prise et partir, et que vous êtes assez intelligent(e) pour être conscient(e) de votre propre valeur ? Peut-être sont-ils habitués au socle qu’ils ont mis en place et qu'ils n'ont plus la moindre idée pour fonctionner autrement ?

Peu importe les motifs, continuez à les effrayer ! Continuez à les effrayer avec votre sincérité, avec votre force, avec votre bonté, votre amour, votre compréhension, vos paroles, vos yeux, votre présence et votre capacité à lire à travers eux ! Continuez à lire jusqu'à ce que vous trouviez quelqu'un d'aussi courageux que vous ! Celui qui ne vous craindra pas ; quelqu'un d'aussi effrayant que vous !

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Dans l'église de Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Losne, mon église ésotérique au bord de la Saône (Région de Bourgogne, département de la Côte d'Or).

E-bookographie générale (23 titres) sur :

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