Prémisses du Monde nouveau

Dijon (Côte d'Or) Square Darcy (26 Octobre 2018)

 

I – Dijon – Porte du Monde...

 

 

...Pour le meilleur et sans le pire ;

Sans les malheurs et pour le rire ;

Sans les censeurs et pour le dire ;

Sans les noirceurs mais pour reluire ;

Sans les torpeurs mais pour l'agir.

 

C'est à Dijon-Porte du Monde que m'éblouirent les premières intuitions du Monde nouveau ; d'ailleurs au chœur de regards féminins qui sont souvent les yeux du cœur. Dijon-filles des lointains inconnus revigorants. Dijon au Présent de l'Incitatif, au Passé fondateur, au Futur de l'Impératif. Et Dijon d'Alexis Piron qu'il me sied parfois de rejoindre dans mes vers verts et par ma luronnerie. Dijon n'est pas le paradis du mondialisme, elle n'en est que la porte ; une porte est faite pour être passée, ensuite de quoi l'on n'y revient pas – ou bien alors, en pèlerinages épisodiques et reconnaissants, car le conservatisme, le chauvinisme des imbéciles heureux qui sont nés quelque part ne sont que travers amères pour les apôtres du Monde nouveau. L'on doit se servir de tout ce qui apporte eau claire et fière en principes actifs innovants ; ensuite de quoi l'on poursuit sa quête rédemptrice en d'autres contrées et continents. Nonobstant cette restriction, mes trois petits paradis terrestres d’ermite extraverti contemplatif me sont ouverts à vie sur les hauteurs de la banlieue dijonnaise.

 

 Je suis un progressiste et non un gâteux à la nostalgie molle des cachous de l'entre-deux dernières guè-guerre. J'eus d'ailleurs l'heur bien programmé de me faire éjecter, fin des années octante,  d'une globuleuse association académique des emblavures, et  ce par son bienheureux fondateur que l'on retira sans doute de perfusion afin de pouvoir  lui faire signer sa lettre de radiation raide et iradieuse (l'évènement bellico-régionalo-plumassier vaut bien ce néologisme).

 

Dijon-Porte du Monde

Sans raideurs rassies racistes !

Pigeons d'automne au square Darcy.

II – Les comptes à rendre.

 

 

Les temps du compte à rendre

-Et, d'aussi, pardonner-

Mais le temps qu'il faut prendre

Pour se dédommager.

 

Au long du long-cours du Temps qui pour moi ne sera pas court – à moins d'un revirement de Dieu quant à l'acquis présupposé de ma longévité – j'apprends enfin à pardonner à, bien sûr, ceux qui m'ont offensé, mais aussi – ce qui est plus moderniste et libéré-ultra – à ceux que j'ai offensés... A cela il fallait songer car tout est interaction : si certains m'ont offensé c'est aussi parce que, sans doute, je les avais  offensés... Tantôt l'on m'objectait : dans quelle mesure vos comptes à rendre ne sont-ils pas aussi des comptes à régler ? Je ne puis répondre à cette question jésuitique, n'étant pas un saint Thomas d'Aquin mais plutôt un saint Thomas faquin – ou bien encore un singe en batiste ; mais je reste convaincu de ce que le terme « interaction » sous-entend bien des conséquences pratiques mathématiques – karmiques, en fait – à la fois dans la vie mentale, morale, spirituelle et relationnelle. Alors je recours aux alternatives christiques : peu importe des événements et de la façon dont je les traite ; l'essentiel est de ne pas blesser le prochain qui, hélas ! nous est trop souvent si lointain. Surtout lorsque ce prochain expectatif vient de radicalement s'éloigner de nous par un décès décisif pas forcément par lui décidé. Or donc, depuis quelque temps de mon Temps - larron avec lequel je m'entends bien – illico je prie pour les âmes défuntes en requérant à Dieu qu'Il leur octroie bonne évolution dans l'Autre-Dimension. Et, parfois lorsque le cas réclame une action en première instance, je fais don pour une intention de messe ; messe tridentine, messe valide célébrée par un prêtre  validement ordonné. Les prêtres des Fraternités Saint-Pierre et Saint-Pie X répondent à cette garantie liturgique. Un compte à rendre à cette ancienne voisine dé cédée - sciemment car elle s'est laissée mourir sans soins – à 92 ans. Voisine du temps de mes années grises et noires, et que je dus offenser mais sans m'en être rendu compte, puisqu'elle me garda rancune concrétisée par certains jugements carrés sur le peu de rondeur avec laquelle elle caricaturait ma réputation.

 

 

Vitrail du choeur de l'église de Talant (Côte d'Or).

 

III œcuménisme

 

UN SEUL DIEU

 

Prier Allah sans réticences

-Puisqu'il n'est qu'un seul Dieu-

Loin des boutiquiers ; voici dense

Foi qui ravit les cieux.

 

Il existe une histoire drôle sur le sujet. Lors d'un congrès œcuménique, tout au long de la journée les participants s'exclament, d'une seule voix collégiale : « il n'y a qu'un seul Dieu, il n'y a qu'un seul Dieu, il n'y a qu'un seul Dieu !... » Puis le soir, chacun, retourné dans ses foyers, reprend le pieu leitmotiv avec une variante opportune : « Il n'y a qu'un seul Dieu, il n'y a qu'un seul Dieu, il n'y a qu'un seul Dieu : le mien ! »

Eglise Notre-Dame de Dijon.

 

IV Las cosas no passan por lo que son...

 

« Las cosas no passan por lo que son, sino por lo que parecen. » Les choses ne sont pas vues telles qu'elles sont en réalité, mais telles qu'elles paraissent être. (Baltasar Gracian y Morales – 1601-1658 - « Oraculos manual y arte de prudencia, n°99)

Voici là un adage - un conseil dans l'art de la prudence – tissé de  haute stratégie basée sur la psychologie comportementale, la dialectique et la ruse. A glisser dans le bagage des pratiquants-militants de la Communication, du Commerce et de la Politique. Je confesse avoir œuvré dans le second et le troisième domaines ; et j'affirme -bien évidemment- ancrer toujours plus avant mes actes dans celui de la Communication. Commerce, Communication et Politique sont des arts requérant absolument toutes les armes de la persuasion, de l'attirance, de la captation des attentions et des consciences. Magiciens que le  commerçant convainquant, l'habile politicien et le communicatif par vocation ! Et ce par des moyens non répréhensibles, non délictuels et non violents. Les armes offensives   du Monde nouveau, pour la promotion, la mise en place et la maintenance des grandes idées et des vastes causes mondialistes, s'appellent dialectique, psychologie comportementale, brassage des illusions d'optique pour la pensée, manipulations mentales, illusions... Certes, ces armes nouvelles pouvant servir sur les aires de paix comme sévir sur les champs de bataille, sont bardées afin d’ensemencer le bien comme pour démultiplier le mal ; à chacun son choix de l'âme ou celui de la guerre ! Cet exposé n'est pas une exhortation à l'un ou l'autre choix mais une analyse succincte de nouvelles donnes.

Cet adage de Gracian laisse le libre arbitre du choix au lecteur. Va-t-il tromper, mystifier ses semblables pour leur faire croire en des propos ou des actes à double sens ? Va-t-il, au contraire, habilement jouer avec les impressions, les suggestions, les illusions d'optique de la pensée ; pour amener son semblable – par ce procédés de mise en condition mentale – à une autre dimension de conscience ? La sclérose de la pensée unique inoculée quasi étatiquement aux « bipèdes », robots, zombis et morts-vivants ; ne peut être éradiquée que par des armes nouvelles indolores au physique.

Je ne développerai pas les implications et sous-entendus de l'adage de Gracian, je laisse mon lecteur méditer sur la richesse de réflexions qu'il inspire. Mon rôle  est de conduire à la réflexion et non d'expliquer.

La découverte de ce mot de Gracian m'a reporté en arrière dans mes découvertes de lecteur avide de connaissances diverses sortant des bas-fonds de la pensée des robots. C'était en 1974, Norman Mailer (USA) avait sorti, l'année précédente, une biographie de Marilyn Monroe. J'y découvris un mot nouveau et lourd de conséquences pratique : « factoïde ». Une chose qui n'existe pas se met à exister dès qu'on la présente comme existante... Par exemple : prenons le cas de cette chanteuse débutante, parfaitement inconnue, qui veut se révéler  avec fracas quand bien même elle ne s'est jamais produite sur aucune scène. Elle a de belles chansons à son répertoire, du talent et du charme, mais croupit dans un cloaque à cloportes au trente-sixième dessous de la France profonde. Or, elle rencontre un futé agent de publicité qui a lu Baltasar Gracian... Miracle ! Des affiches convaincantes sont placardées aux endroits stratégiques de France et de Navarre : « De retour des USA et de bien d'autres Pays extra-européens, Marylou Love donnera un récital des retrouvailles françaises à Paris, salle événementielle des Batignolles »  Vu que l'affiche, originale, produit une photo aguichante de la chanteuse, personne ne s'étonnera de n'en avoir jamais entendu parler. Journalistes, critiques, médias en vue se déplaceront pour voir et entendre la grande chanteuse Marylou Love de retour des USA et d'autres Pays extra-européen...dont ce sera le tout premier récital en public...

Lorsque je vous affirmais, grâce à Baltasar Gracian, que « Les choses ne sont pas vues telles qu'elles sont en réalité, mais telles qu'elles paraissent être » !

En marche vers les prémisses du  Monde nouveau !

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www.nicolas-sylvain.jimdo.com

Baltasar Gracián y Morales, né à Belmonte del Río Perejil (aujourd'hui Belmonte de Gracián), près de Calatayud en Espagne le 8 janvier 1601 et mort à Tarazona, près de Saragosse, le 6 décembre 1658, est un écrivain et essayiste jésuite du Siècle d'or espagnol. Il est prisé par Arthur Shopenhauer qui aime à le citer.